Album de photographies de la comtesse de Castiglione

Album de photographies de la comtesse de Castiglione

Album de photographies de la comtesse de Castiglione

Nouvelles acquisitions
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Matière et technique: 
Album comprenant dix-sept photographies originales, couverture en soie brodée au chiffre et couronne de la comtesse Walewska, papier, crayon, photographies sur papier albuminé, rehauts de gouache
Origine et date: 
Paris, 1866
Artiste(s): 
1822
1913

Dimensions :

22 cm
18 cm

Fille d’un aristocrate apparenté à Cavour, Virginia Oldoïni (1837-1899), comtesse de Castiglione, fut envoyée à Paris, en 1856, pour faciliter le rapprochement du Piémont à la France. Elle y fit sensation par sa beauté. « Vénus descendue de l’Olympe » selon la princesse de Metternich, elle noua une liaison avec Napoléon III. Les photographies de cet album ont été réunies par la Castiglione elle-même pour sa cousine la comtesse Walewska. Cette dernière, devenue sa rivale dans le cœur de l’empereur, ne reçut jamais ce cadeau. Cet album demeura inachevé. Des annotations autographes de la Castiglione donnent le titre de chacun de ses portraits ; elles sont reprises par Robert de Montesquiou qui acquit cet album en 1901 et le décrivit dans son ouvrage La Divine comtesse. Certaines photographies ont été délicatement retouchées, à la demande de la Castiglione, par le miniaturiste bavarois Aquilin Schad. D’autres sont serties d’une bordure ornementée. Les différentes mises en scène témoignent d’une appropriation de la photographie par le modèle afin de forger une œuvre esthétique à partir de son apparence. Dans un processus théâtral et narcissique, la « Divine Comtesse » engendre une image de soi à travers une multiplicité de figures. Paradoxalement, en figeant sa pose, elle incarne également un memento mori. Cette autofiction photographique et picturale révèle une œuvre moderne. La Castiglione a inauguré l’obsession contemporaine de la retouche d’image et de la course chimérique à l’éternelle jeunesse, par la tentative de fixer à jamais une beauté destinée fatalement à sombrer. S’ils sont nombreux, ses portraits n’ont été qu’exceptionnellement réunis en albums à l’attention d’un tiers. La personnalité de la Castiglione, le fait qu’elle constitua cet album pour la comtesse Walewska, autre figure emblématique du Second Empire, l’intérêt que lui porta Robert de Montesquiou, ont justifié l’entrée de ce document dans le fonds photographique du château de Compiègne.