Acquisitions récentes

© Palais de Compiègne / Marc Poirier En 2009-2010, le palais impérial de Compiègne a enrichi ses collections. Parmi ces nouvelles acquisitions, on signalera tout particulièrement un ensemble de verres en cristal de Baccarat, une assiette du " service forestier " représentant le chêne dit de Saint-Jean en forêt de Compiègne, une assiette du service à dessert " fleurs et or " livré à Compiègne en 1809, le tableau d'Eugène Fromentin " Berger; hauts plateaux de Kabylie ", provenant de la collection de l'impératrice Eugénie, ou encore un ensemble de huit photographies de l'Exposition universelle de 1855 attribuées au photographe Disdéri.Cristalleries de BaccaratPartie d'un service de verres (63 pièces) Ces cristaux ont appartenu à la princesse Marie-Clotilde Napoléon, fille du prince Victor et de Clémentine de Belgique, dont la marraine était l'impératrice Eugénie qui, décédée en 1920, légua à sa filleule du mobilier et des objets qui se trouvaient à Farnborough. La princesse Marie-Clotilde qui habita avec l'impératrice durant la Première guerre mondiale tenait donc ainsi d'Eugénie elle-même des indications sur la provenance de cette partie de service qui aurait servi à la table de l'empereur aux Tuileries. L'ensemble de 63 pièces se décompose ainsi : 4 carafes (2 à vin, 2 à eau), 18 verres à eau, 18 verres à vin rouge, 17 verres à vin blanc et 6 tasses à punch avec leurs soucoupes. L'ensemble des pièces, verres, carafes et tasses est orné de la seule couronne impériale, dorée et en relief. L'empereur Napoléon III s'adressait aux différentes cristalleries pour les besoins de la table dans ses résidences. Parmi les verres et carafes des collections de Compiègne, nous trouvons effectivement du cristal fabriqué par les manufactures de Clichy, Saint-Louis et Baccarat. Les archives du palais permettent de se rendre compte qu'en dehors de ces trois manufactures, la Maison de l'Empereur pouvait aussi, à l'occasion, passer commande à une maison ayant une simple activité de revendeur, comme Gallé-Reinemer. Par ailleurs les formes sont souvent communes aux différentes cristalleries. La forme tulipe des carafes est répandue, on la retrouve par exemple dans le service Compiègne de la manufacture de Clichy. L'intérêt de cette acquisition tient à l'origine des pièces présentées et à l'absence dans les collections publiques de services de cristal complets. Elle permet d'évoquer encore mieux le faste de la table impériale au Second Empire resté dans le souvenirs de tous les contemporains s'en faisant encore l'écho dans leurs mémoires publiés ou restés manuscrits. L'incendie des Tuileries, le pillage de Saint-Cloud, la mise en vente publique du linge, de la porcelaine et des cristaux des anciennes résidences impériales en 1873 n'ont laissé subsister en place qu'un nombre modeste d'œuvres de ce genre ou bien sont à l'origine de leur totale disparition.Cristal Inv. C.2010.003/1 à 63Acquis en 2010 © RMN / Thierry Le Mage Manufacture royale de porcelaine de SèvresAssiette plate ordinaire du " Service forestier " représentant le chêne dit de Saint-Jean en forêt de Compiègne Le Service Forestier fait partie des grands ensembles de Sèvres de l'époque Louis-Philippe. Ce nouveau service à dessert devait représenter des Vues d'arbres forestiers célèbres et des forêts les plus remarquables... impliquant une recherche documentaire relative aux sciences humaines (géographie, botanique et ethnographie) ainsi qu'aux livres de voyages et d'exploration. Considéré comme un chef-d'œuvre de cette période, ce service se distingue par la qualité des décors. Entre 1834 et 1840, 140 assiettes sont produites et 61 sont présentées au Louvre aux expositions des produits des manufactures (1835 et 1838). Le service fut envoyé au Ministère de la Marine et à celui de l'Agriculture et du Commerce qui en fit cadeau au sultan Abdulmejid (1838-1861) en 1850. Il est toujours en partie visible au sérail de Topkapi à Istanbul. Aujourd'hui en France, seuls le musée national de la céramique à Sèvres et le musée du Louvre en conservaient respectivement 3 et 2 assiettes. L'iconographie de cette assiette, récemment acquise, concerne directement la forêt de Compiègne où le chêne de Saint-Jean, remontant au XIIIe siècle, est toujours existant. Porcelaine dure, marli à décor de branches de chêne et glands en dorure sur fond " gros bleu ", 1837Inv. : C.2010.001 Don Baron Richard Cohen, 2009 © RMN / Thierry Le Mage Manufacture de Sèvres, 1808-1810Assiette du service à dessert " fleurs et or " livré à Compiègne en mars 1809 Le service " fleurs et or " utilisé à Compiègne fait partie des grands services du Premier Empire. Commandé initialement pour Saint-Cloud en 1808, il comprenait 40 pièces de forme et 120 assiettes dont les principales étaient celles à bouquet central. Ce service, dont le modèle a pu être identifié à l'occasion de l'exposition 1810 : Napoléon Ier et Marie-Louise à Compiègne (mars - juillet 2010), a presque entièrement disparu : l'élégant sucrier de la collection Twinight, New York, est l'une des rares pièces connues de ce service.Cette assiette a été tout récemment acquise par le Palais de Compiègne en vente publique. C'est donc le premier élément de ce service qui revient à Compiègne. Porcelaine dureAcquis en juin 2010Inv. C.2010.004 © RMN / René-Gabriel Ojéda Eugène FROMENTIN (1820-1876)Berger ; hauts plateaux de la Kabylie, 1861 Cette toile de Fromentin, qui figura avec éclat au Salon de 1861 (n°1186), fut acquise par l'impératrice Eugénie pour la somme de 5.000 francs. Le Berger fut placé dans le salon des officiers d'ordonnance à Saint-Cloud, comme l'atteste une aquarelle de Fortuné de Fournier datée 1863 conservée à Compiègne. Il figura ensuite dans l'hôtel particulier de l'Impératrice, qui le prêta pour l'Exposition universelle de Londres en 1862, puis pour celle de Paris en 1867, et la suivit en exil en Angleterre. Cédé en 1927 lors des ventes après décès des biens de l'Impératrice (vente du 1er juillet 1927, n°45), le tableau était jusqu'ici connu par une répétition de format inférieur conservée au Philadelphia Museum of Art.Les œuvres provenant de la collection personnelle du couple impérial réapparaissent rarement sur le marché de l'art. Celle-ci compte de surcroît parmi les réussites majeures de Fromentin, considéré comme le maître de l'orientalisme sous le Second Empire. Elle figure à ce titre parmi les achats les plus remarquables de l'Impératrice. En outre, La Tribu nomade en voyage ou Arabes en voyage (Sahara), première et seule autre œuvre de Fromentin possédée par le couple impérial1, aujourd'hui non localisée, était accrochée à Compiègne sous le Second Empire. Huile sur toileH. 1.04 ; L. 0.70 mInv. C.2010.006Acquis sur le marché de l'art parisien, 2010 Serre-bijoux de la maison Fossey et porcelaines de Sèvres André-Adolpe-Eugène DISDÉRI (Attribué à)Huit photographies de l'Exposition universelle de Paris, 1855 Cet ensemble de huit épreuves photographiques est entré dans les collections à l'occasion de l'exposition " Napoléon III et la reine Victoria : une visite à l'Exposition universelle de 1855 ". De grande qualité, ces photographies sont attribuées à Disdéri, grand pionnier de cette nouvelle technique. Doté d'une intuition très moderne de ses usages potentiels, il avait obtenu le droit de prendre des photographies des objets présentés à l'Exposition afin d'éditer des portefeuilles, créant pour cela une Société du palais de l'Industrie. Plusieurs albums attribués à Disdéri montrant les accrochages du palais des beaux-arts en 1855 sont conservés dans les collections publiques françaises. En revanche, concernant les bâtiments de l'Exposition, le palais de l'Industrie et les arts industriels, peu de tirages sont connus. Ils sont essentiellement conservés dans les collections britanniques (Londres, Victoria and Albert Museum). L'ensemble acquis en 2009 présente donc un grand intérêt. Il comporte notamment une vue en situation du serre-bijoux de Fossey acquis par l'Empereur à l'Exposition et conservé aujourd'hui à Compiègne. Trois autres photographies présentent d'importantes pièces de mobilier françaises et anglaises, en écho aux riches collections d'arts décoratifs du musée du Second Empire. Épreuves sur papier salé ou sur papier albuminé d'après négatif verre au collodionInv. C.2009.001/1-8Acquises sur le marché de l'art parisien, 2009. © MVT / Marc Poirier Denis Diderot et Jean Le Rond d'Alembert. Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Volume " Sellier-carrossier ". Paris s.d. (vers 1751) Ce volume in-folio contient vingt-cinq planches, dont quatorze doubles, gravées par deux artistes italiens, Giovanni Canocchi et B. Nevici. Une autre version du même volume , probablement postérieure (vers 1764 ?), contient quelques légères variantes, avec des planches signées du graveur français Robert Bénard, dont Compiègne possède un certain nombre de planches. Cette acquisition complète la collection de traités et albums de carrosserie du XVIIIe siècle, dont le fameux " Art du menuisier ", volume trois, de A-J. Roubo (1771), le " Traité des voitures... " de F-A. De Garsault (1756) et le recueil de dessins de voitures de J-F. Chopart (1756), acheté par le musée de la voiture en 2005.CMV.2009.002 © MVT / Marc Poirier École française : Portrait d'un postillon de la poste aux chevaux de Vitry sur Marne, époque Restauration, huile sur toile. H. :58 cm, L. :44 cm. Si l'on reconnaît la figure pittoresque du postillon dans les scènes de genre de la peinture du XIXe siècle où sont évoqués la route et les relais de poste, plus rare en revanche est le portrait d' agents de la poste aux chevaux. Si l'on excepte quelques rares portraits de maîtres de postes, c'est ici le premier portrait d'un postillon d'époque Restauration qu'il nous soit donné de voir. Revêtu de l'uniforme réglementaire imposé par l'État dès l'Ancien Régime (1787) il porte au bras gauche le brassard où figurent, avec les armes de la Restauration, le nom de son relais de poste et son numéro de rang. Vitry sur Marne, en fait Vitry-le François, rebaptisé en 1794, est un important relais de poste sur la route royale numéro 129 de Paris à Strasbourg.CMV.2010.002 © MVT Eugène Charles François Guérard (1821-1866) : Les traineaux - Bois de Boulogne, 1857, lithographie en couleur. Épreuve sur vélin, rehauts d'aquarelle et de gomme arabique, marques dans la marge en bas à gauche " E.Guérard inv et lith " et à droite " Imp de Frick frères 20, r et passage Sorbonne, Paris ", signature de l'artiste " E.Guérard " dans la pierre lithographique, H. :34 cm, L. :44 cm. Cette lithographie présente une scène équestre d'hiver dans le cadre du bois de Boulogne, haut lieu de promenade et d'agrément sous le Second Empire, aménagé notamment par Hittorff puis Alphand dès le début du règne de Napoléon III. L'hiver permettait notamment de s'adonner à la pratique du traîneau, de la luge et du patinage. Le traîneau était un véhicule d'agrément plutôt luxueux, fabriqué par des carrossiers de renom. Celui au premier plan, attelé à trois chevaux, avec des harnais à la russe de troïka, est à quatre places en vis à vis. Il est suivi de deux garçons d'attelage à cheval portant le même uniforme à brandebourgs que le cocher. A gauche, légèrement en retrait, un deuxième traîneau, est attelé à un cheval, avec un passager et le meneur à l'arrière. CMV.2011.001