Torpédo Sigma de Guynemer
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La voiture de Georges Guynemer de retour au Musée national de la voiture du Château de Compiègne après 3 ans de restauration

Après une première apparition très remarquée au salon Rétromobile, le rendez-vous des amoureux des voitures anciennes, la torpédo Sigma 8 HP (1916) de l’aviateur Georges Guynemer, personnalité compiégnoise a fait son grand retour au sein de la Cour des cuisines.

 

Georges Guynemer (1894-1917)

L’aviateur Georges Guynemer (1894-1917), qui passa son enfance à Compiègne, reçoit son baptême de l’air à l’âge de 17 ans. Il intègre peu après la célèbre escadrille des Cigognes, où il s’illustre rapidement comme l’un des pilotes les plus renommés de la Première Guerre mondiale, affichant 54 victoires homologuées. Il meurt au combat en 1917, à 22 ans.

En 1916, alors que les usines de France sont toutes employées à l’effort de guerre, ses succès militaires lui permettent d’obtenir du ministère de la Guerre une autorisation spéciale pour faire construire sa torpédo.


La torpedo de Georges Guynemer, 1916

La torpédo, dont le modèle est apparu dans les années 1910, est une voiture décapotable de forme allongée en « torpille », dotée de portières à l’avant et d’un pare-brise sans vitrages latéraux. Par la forme fuselée de sa carrosserie, ce modèle de voiture témoigne d’une recherche d’aérodynamisme et annonce les voitures de l’après-guerre. Celle de Georges Guynemer comprend deux places décalées, mais n’est équipée que d’une seule portière à gauche, côté passager.

Elle fut fabriquée par la société des Automobiles Sigma, située à Boulogne-Billancourt/Levallois-Perret et est dotée d’un quatre cylindres (n°13.133) de la marque Ballot, constructeur de moteurs équipant aussi bien des bateaux que des avions. La carrosserie est signée « Carrosserie universelle brevetée P. Valéry, rue Chaveau 7, Neuilly-sur-Seine », une firme qui s’est également illustrée dans l’aviation. La société Sigma disparait en 1928 tandis que Ballot, après son rachat par Hispano-Suiza en 1931, disparaît en 1938.

Ce véhicule est représentatif d’un moment-clé de l’histoire automobile, des mutations de l’organisation de l’industrie à la fin des années 1910 et des évolutions des formes de la carrosserie vers une modernité et une recherche de vitesse toujours plus grande : Georges Guynemer se vit d’ailleurs infliger une contravention pour excès de vitesse par la maréchaussée parisienne sur les Champs-Elysées !

Cette automobile est entrée dans les collection du Musée national de la voiture par un don de Mme Guynemer, mère de l’aviateur, en 1937.

 

La restauration

Pièce maîtresse de la collection du Musée national de la voiture, ce véhicule a fait l’objet d’une restauration d’envergure soutenue par la Fondation du Patrimoine et Motul.
Il a été décidé non seulement de restituer la carrosserie et la peinture dans leur état d’origine, mais aussi d’entreprendre une restauration complète des organes mécaniques. La torpédo a une traçabilité parfaite depuis sa fabrication : la carrosserie a été conservée mais a été repeinte en 1958 par M. Guyot à Compiègne. Lors de la restauration, la peinture d’origine a été retrouvée sous la plaque du carrossier, permettant, en s’appuyant sur les documents d’époque, la restitution des couleurs ainsi que des filets peints à main levée.

Après étude par l’atelier de restauration du Musée national de l’Automobile à Mulhouse, les opérations ont été confiées à HH Carrosserie à Strasbourg et suivies par Rodolphe Rapetti, conservateur général du patrimoine, directeur des musées et domaine nationaux des châteaux de Compiègne et Blérancourt.

 

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