2020-2021
Nouvelles acquisitions
Acquisitions en 2020 et 2021
Les objets
véhicule
Traîneau dit de Joséphine
Vers 1810
L’histoire de ce traîneau est relativement connue car il fut présenté à de nombreuses expositions universelles dont celle de 1889 où il figurait parmi les Merveilles de l’exposition comme « le traîneau de l’impératrice Joséphine ». Ce traîneau présente en effet un décor caractéristique du style Empire : griffons, aigle aux ailes déployées à l’avant au cœur de la grelotière, statue de Hébé, échanson des dieux et déesse de la jeunesse. A l’arrière sont placés une sellette et deux chaussons pour le meneur de ce traineau qui pouvait être attelé à deux chevaux. Joséphine appréciait les courses de traineaux et plusieurs témoignages l’attestent dont celui désormais célèbre de l’accident de Mlle Avrillion, sa première femme de chambre. Achat en vente publique, 2021 ; inv. CMV.2021.007.
Mobilier
Chaise provenant de la salle à manger de Louis XV à Compiègne
1739
Faisant partie d’un ensemble de douze, cette chaise est livrée au château de Compiègne en avril 1739. La salle à manger est un lieu réservé à l’intimité du souverain qui prend plaisir à y recevoir ses plus fidèles courtisans à l’issue des chasses organisées dans la forêt voisine. Son mobilier y est simple et son décor est dédié au thème de la chasse. Les motifs sculptés de coquilles, feuillages d’acanthe et guirlandes de fleurettes ainsi que le profil chantourné de ce siège traité au naturel sont caractéristiques du style rocaille alors en vogue. Il s’agit d’un des plus anciens meubles livré pour Louis XV aujourd’hui attestés. Numéro du Garde-meuble inscrit à l’encre noire sur la traverse arrière « Du N°531.12 » Acquisition par voie de préemption ; inv. C.2021.007
véhicule
Maquette d'une berline coupée dotée de suspensions par corde à boyau
Vers 1760-1770
Cette maquette reproduit une berline coupée au décor floral. L’accès au véhicule s’effectue par l’arrière et le train rouge présente deux brancards de caisse et quatre grandes roues au bandage en fer clouté. La caisse est suspendue par des cordes à boyau de mouton, remplacées par des cordes, spécialement préparées pour assurer une certaine élasticité et donc une suspension sécurisée et confortable. Elles sont fixées à l’arrière et à l’avant du train et maintiennent la caisse au moyen de petites roues à gorge placées au niveau de la ceinture. Ce système est décrit par Garsault dans son Traité de Voitures de 1756. Il en vante tous les mérites mais aucune voiture équipée de ce type de suspension n’a été conservée. Cette maquette présente donc un intérêt considérable, étant un rare témoignage de ce mode de suspension et des recherches effectuées au cours du XVIIIe siècle dans ce domaine. Achat en vente publique, 2021 ; inv. CMV.2021.004.
véhicule
Maquette d'une berline dotée de suspensions par corde à boyau
Vers 1760
Cette maquette reproduit une berline au train peint en vert rechampi d’un filet doré. La caisse possède trois glaces et quatre panneaux de custode garnis de cuir comme le pavillon. La corniche présente un profil chantourné, tandis que le dessin de la caisse est régulier. Le décor se compose sur un fond sombre de feuilles disposées en quinconce. L’accès s’effectue par l’arrière de la caisse par un marchepied fixé sur la planche de laquais. La voiture est équipée d’un système de suspension par corde à boyau que décrit Garsault dans son Traité de voitures en 1756. L’intérieur, qui est sans doute postérieur, comprend quatre sièges équipés d’un siège d’aisance, placé sous d’épais coussins. Les tirants de glace et les mains de laquais témoignent d’un souci affirmé du détail. Achat en vente publique, 2021 ; inv. CMV.2021.005
véhicule
Maquette d'une berline
Vers 1750-1760
Cette maquette représente une berline à sept glaces au pourtour chantourné souligné de sculptures de feuillages autrefois dorés. Elle est portée par deux longues soupentes et dotée de deux larges brancards, tandis que plusieurs courroies de guindage en perfectionnent la tenue. Á l’arrière se trouve une planche des magasins, qui servait à placer les malles et autres bagages. Les panneaux de portière sont ornés d’un décor de personnages, d’oiseaux et de fontaines traités dans le goût « chinois », peint en or et polychromie sur fond rouge. Le toit de la voiture, dont la garniture est sans doute postérieure, est amovible et permet de découvrir l’intérieur de la caisse. Cette berline n’est pas sans rappeler la berline de voyage des rois d’Espagne présentée au musée national de la Voiture. Achat en vente publique, 2021 ; inv. CMV.2021.006.
Objets d'art
Cachet ovale au chiffre LN sous couronne impériale
Second Empire
Ce cachet est gravé au chiffre utilisé par Napoléon III et repris par le Prince impérial. Comme le cachet en cristal présenté dans la même vitrine, il s’agit d’un accessoire de bureau luxueux, qui a sans aucun doute été fabriqué pour l’Empereur lui-même. Il provient de Tito Franceschini-Pietri, secrétaire particulier de l’Empereur, puis du Prince impérial. Après la mort des deux hommes, il est probable que Pietri a gardé, avec l’autorisation de l’Impératrice, ces deux objets hautement symboliques dont plus personne ne pourrait légitimement se servir. Coll. Franceschini-Pietri ; don de la société des Amis du château de Compiègne, 2021 ; inv. C.2021.010.
Objets d'art
Camée coquille au profil de l'impératrice Eugénie
Vers 1853 ?
Au début de 1853, le comte de Nieuwerkerke donna le premier buste officiel de la nouvelle impératrice et Jules Peyre en tira un profil très pur pour un médaillon en biscuit produit par la manufacture impériale de Sèvres. Ce camée s’inspire de ces premiers portraits de la jeune souveraine, même s’il s’en écarte dans certains détails. Le front est plus rectiligne et la coiffure, d’inspiration antique, plus riche et plus mouvementée. Un camée sur coquille de cette taille et de cette qualité est chose rare. Aussi a-t-il a pu être rapproché d’un portrait de l’Impératrice d’après Nieuwerkerke et Peyre présenté par le graveur en pierres fines Paul-Victor Lebas au Salon de 1853, puis à l’Exposition universelle de 1855. Achat sur le marché de l'art en 2021 ; inv. C.2021.001.
Costume
Robe de bébé du Prince impérial
Vers 1856
Cette robe de bébé présente un décor finement brodé comportant le chiffre du Prince impérial (LNE) couronné, le blason de la Ville de Lyon et des emblèmes impériaux (abeilles, violettes, couronnes de laurier, aigle dans un médaillon). Il s’agit probablement d’un cadeau offert au Prince par la Ville de Lyon à l’occasion de sa naissance, en mars 1856. Outre cette très jolie pièce, la Société des Amis du château de Compiègne a pu faire don en 2021 de deux autres souvenirs relatifs à la petite enfance du Prince impérial : un grand voile de berceau richement ouvragé à son chiffre et une couverture de berceau ornée d’une couronne impériale. Inédits et en parfait état de conservation, les trois objets proviennent de l’héritage de la famille impériale (ancien fonds Prince Napoléon). Don de la Société des Amis du château de Compiègne, 2021 ; inv. C.2021.004.
Peinture
Monseigneur Bernard Bauer
1865
Né dans une riche famille hongroise d’origine israélite, Bernard Bauer (Pesth, 1829 - Paris, 1903) prit part au soulèvement de 1848 et fut banni de l’empire autrichien. Au début des années 1850, il se convertit au catholicisme en Italie et entra dans l’ordre des Carmes. Sa réputation de prédicateur lui ouvrit bientôt les portes des Tuileries, où il devint le confesseur de l’impératrice Eugénie. Ce fut lui qui l’accompagna en 1869 à l’inauguration du canal de Suez pour représenter la religion catholique. Pendant la guerre de 1870, monseigneur Bauer servit comme aumônier, puis il se défroqua par amour pour une comédienne avant d’épouser en 1889 une ancienne danseuse. Selon Frédéric Loliée, Bernard Bauer put revoir l’Impératrice lors de ses séjours à Paris et rédigea des Mémoires sur sa vie à la cour, aujourd’hui perdus. De cet étonnant personnage qui faisait faire ses soutanes chez Worth, le peintre autrichien Anton Einsle a livré ce séduisant portrait, resté dans la famille de son épouse. Don de Jacques Blamont en mémoire de son père, Emile Blamont, 2020 ; inv. C.2020.001.
Manuscrits
Télégramme annonçant la mort de Napoléon III
1873
Ce télégramme a été envoyé par Augustin Filon (1841-1916), précepteur du Prince impérial, au général Charles Auguste Frossard (1807-1875), aide de camp et gouverneur de la Maison militaire du Prince impérial. Il le prévient du décès de Napoléon III, le 9 janvier 1873, à 10 h 45, dans sa résidence de Camden Place, à Chislehurst (Royaume-Uni). Atteint d’une lithiase vésicale (un calcul), l’Empereur est opéré par le professeur Henry Thomson, alors le meilleur chirurgien anglais de la vessie. Déjà très affaibli par cette maladie dont il souffre depuis de nombreuses années, l’Empereur succombe après la seconde tentative. L’annonce de sa mort suscite une émotion considérable. Près de 60 000 personnes, dont un dixième de Français, viennent se recueillir devant le corps et assistent à l’inhumation. Conservé par la famille Frossard, ce document témoigne des sentiments de fidélité envers le dernier souverain français. Don de la Société des amis du château de Compiègne, 2020 ; inv. C.2020.002.
Arts graphiques
Le Four-in-Hand
1898
William Nicholson est un peintre et illustrateur britannique qui fonde un atelier avec l’artiste James Pryde. Il cosigne avec ce dernier plusieurs affiches, dont le caractère novateur sera rapidement reconnu notamment par l’usage des aplats colorés. Cette estampe fait partie d’un almanach de 1898 illustrant les sports à la mode et représente un coach attelé à quatre chevaux, mené par son propriétaire et lancé à pleine vitesse. Elle illustre le goût de la haute société pour la vitesse et le plaisir de mener, véritable mode sportive et sociale qui anime la vie mondaine des capitales au tournant du siècle. Le goût pour le driving, qui est venu de Grande-Bretagne, se traduit dans les collections du Musée national de la voiture par de nombreuses œuvres dont le private road coach carrossé par Mühlbacher vers 1880-1890 et présenté depuis peu après restauration dans la grande Rôtisserie. Don de la Société des Amis du Musée national de la Voiture, 2021 ; inv. CMV.2021.002.
Manuscrits
Correspondance de la comtesse de Castiglione avec le comte de Nieuwerkerke
Émilien O’Hara van Nieuwerkerke (1811-1892) est un sculpteur d’origine hollandaise, collectionneur d’œuvres d’art, intendant des beaux-arts de la Maison de l’Empereur en 1853, puis surintendant des Musées impériaux. Amant de la princesse Mathilde, cousine de l’empereur, il lui doit sa carrière. Cette liaison officielle n’entrave guère Nieuwerkerke qui compte parallèlement de nombreuses conquêtes féminines. Au nombre de celles-ci figure la comtesse de Castiglione (1837-1899), envoyée à Paris pour faciliter le rapprochement du Piémont à la France et maîtresse de Napoléon III, en 1856-1857. Dans sa correspondance, Nieuwerkerke la surnomme « Madame Nini ». Outre les rendez-vous des amants, fixés dans les interstices de l’emploi du temps chargé du surintendant, ces billets évoquent les fameuses photographies de la Castiglione qu’elle souhaita présenter, en vain, lors de l’Exposition universelle de 1867. Ensemble acquis en 2021 ; fonds de la bibliothèque.
Manuscrits
Lettre de Prosper Mérimée à Ernest de Breda
Paris, 30 août 1836
Depuis le 27 mai 1834, Prosper Mérimée a succédé à Ludovic Vitet en qualité d’inspecteur général des monuments historiques. Dans ce courrier, il répond à Ernest de Breda. Celui-ci l’a saisi au sujet du vandalisme qu’il a constaté sur divers édifices de l’Oise : badigeonnage de l’église Saint-Antoine de Compiègne ; état préoccupant de l’abbaye d’Ourscamp ; vente de vitraux par des curés indélicats. Le comte de Breda est propriétaire du château du Plessis-Brion, à dix kilomètres de Compiègne. La lettre de Mérimée témoigne de l’intérêt des élites locales pour les monuments et l’archéologie de leur « petite patrie ». La date de cette correspondance offre un intérêt significatif. Son contenu évoque, par anticipation, la nécessité des mesures prises lors de la création de la commission des monuments historiques un an plus tard, le 29 septembre 1837. Acquis par préemption en 2021 ; inv. C.2021.006.