Le temps de l'éclectisme
Les objets
Objets d'art
Aiguière dite "buire Diéterle"
Produite en 1859 à la manufacture de Sèvres ; livrée pour l'impératrice Eugénie aux Tuileries en 1860
Cette aiguière fait partie de la production assez restreinte sortie entre 1846 et 1873 de l’atelier d’émaillage sur métaux de la manufacture de Sèvres. Inspirée de modèles de la Renaissance, sa forme dite « buire piriforme renversée » fut dessinée en octobre 1848 par Jules Diéterle, peu après la nomination de celui-ci comme artiste en chef de la manufacture. Son décor raffiné est caractéristique de l’art de l’émailleur Alfred-Thompson Gobert. C’est surtout par sa riche monture en aluminium doré que cet objet revêt un caractère exceptionnel. En 1854, le chimiste Henri Sainte-Claire Deville avait réussi avec le soutien de Napoléon III à produire les premiers lingots d’aluminium. Le coût de revient de ce métal en faisait alors un matériau aussi précieux que l’or. Il fut tout d’abord utilisé pour de petites pièces d’orfèvrerie dont la plupart étaient destinées au couple impérial. Tel est le cas de cette buire qui appartint à l’impératrice Eugénie. Signée et datée sous le piédouche * MANRE IMPLE de SEVRES 1859 * E P E * A. G. invt pinxt Achat en vente publique par préemption, 2016.
Orfèvrerie
Six gobelets d'un service de chasse de Napoléon III
Second Empire
Ces six gobelets en métal argenté et doré portant le chiffre N couronné appartenaient à un service de chasse de l'empereur Napoléon III. Leur forme simple, évoquant celle d'un coquetier, permettait vraisemblablement de boire du café dans la partie supérieure, et de la liqueur dans la partie inférieure, plus petite, les deux étant dorées. Des anses démontables en osier tressé, à l'anglaise, attestent que ce service était destiné à un usage mobile. Ce service fut exécuté par la maison Christofle, comme l'attestent les poinçons. Le modèle ne figure pas dans les catalogues qu'elle publia sous le Second Empire. Il s'agissait donc sans doute d'une fabrication spéciale pour l'Empereur, client fidèle de l'orfèvre. Ces gobelets figurent en effet parmi les très nombreuses pièces produites par Christofle tout au long du Second Empire pour la table impériale. Cette argenterie fut dispersée et largement fondue après 1870. Les ensembles conservés sont aujourd'hui rares. Le château de Compiègne a eu l'opportunité d'acquérir un important service de table en 2008. L'histoire du service de la bouche dans les palais impériaux a fait l'objet d'une exposition-dossier à Compiègne en 2009 et plusieurs ensembles ont pu être acquis à cette occasion et depuis (porcelaines de Sèvres, verres). Ce service de chasse au chiffre impérial, d'une originalité remarquable, complète avec bonheur les collections des musées du Second Empire, d'autant que son usage très particulier le rattache intimement à la vie du château, résidence de chasse par excellence des rois et des empereurs. Poinçon CC, balance et CHRISTOFLE, en toutes lettres ; numéro indiquant la charge métallique. Achat en vente publique, 2011.