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Premier Empire

Objets d'art et sculptures

  

Les objets

Sculpture

Napoléon Premier en législateur

Statue exécutée dans les ateliers de Carrare sous la direction de Bartolini, d'après une oeuvre de Chaudet datant de 1804

En 1804, les membres du Corps législatif commandent au sculpteur A.-D. Chaudet une statue en marbre de Napoléon, alors consul. Il est représenté en législateur, debout, vêtu tel un empereur romain, ceint d'une épée, et la tête laurée. Il tient de la main droite un volumen représentant le Code Civil français, rendant ainsi hommage à son fondateur. En 1807, la soeur de Napoléon, la princesse Elisa Bonaparte, reçut un moulage de cette statue dont elle commanda plusieurs copies aux ateliers de la « Banca » à Carrare. Elle en conserva un exemplaire, vendu plus tard par sa fille, la comtesse Camerata, à son cousin Napoléon III en 1854. Celui-ci le fit installer en 1857 dans la galerie de Bal du palais de Compiègne, face à une statue représentant Madame Mère d'après Canova.   Collection Elisa Bonaparte ; collection comtesse Camerata ; acquisition de l'empereur Napoléon III en 1854 ; envoi au palais de Compiègne en 1857.

Napoléon Ier
© (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Jean-Gilles Berizzi
Napoléon Premier en législateur

Sculpture

Termes de marbre coloré de la salle des colonnes

Italie, XVIIe siècle

C’est au cours de l’année 1808 qu’est élaboré le parti décoratif de la vaste salle des Colonnes, au rez-de-chaussée du palais. Le 14 mai 1808, Vivant Denon écrit à l'architecte Berthault : « Il ne reste dans les magasins que quelques bustes dont je puis disposer, plus 6 gaines de figures de nègres impélichées en marbres précieux que vous pouvez vous rappeller avoir vues jadis au Garde-meuble de la Couronne. Ces objets sont très propres à décorer des vestibules ou des antichambres. » La salle reçut effectivement à l’automne l’ensemble de bustes et d’hermès l’ornant encore de nos jours. Les hermès mentionnés dans la lettre de Denon ont une origine prestigieuse. Travail italien du XVIIe siècle, ils avaient appartenu au marquis de Louvois avant de passer au Grand Dauphin. Ils ont orné le pavillon central du château vieux de Meudon où fut aménagé un salon ovale à deux étages, couvert d’une coupole, rythmé par douze pilastres ioniques supportant une frise. En 1731 se trouvait devant chaque pilastre un Maure ou une Mauresque en gaine, avec tête de marbre noir. Le 23 mai 1785, Thierry de Ville-d’Avray demanda le transfert au Garde-Meuble de tous les bronzes et sculptures de Meudon que la Cour ne fréquentait plus. Il fit alors placer neuf termes sur les différents paliers du Grand Escalier du Garde-Meuble, en prenant soin auparavant d’en confier cinq à Jean-Antoine Houdon, qui en effectua la restauration des placages de marbre. Dans la correspondance entre Denon et Berthault, les termes furent décrits ainsi : "deux négresses, formant une paire, un sein dénudé, portant un manteau drapé dont l’un est fermé par une fibule circulaire, la tête coiffée d’un diadème, placées sur une gaine en marbre à pied mouluré ; trois jeunes nègres, vêtus d’une chemise blanche que recouvre une draperie et portant un diadème, posés sur une gaine en marbre à pied mouluré ; enfin, un nègre dit Egyptien, coiffé d’une sorte de turban, vêtu d’un manteau au drapé vertical fermé par une fibule circulaire, reposant sur une gaine en partie en plâtre peint et en partie gainée de marbre". Les douze termes de Meudon formaient visiblement des paires, plusieurs d’entre eux restent à identifier et à localiser. Ces termes ont été acquis par le marquis de Louvois en Italie et se trouvaient au château de Meudon jusqu'en 1785, date à laquelle ils ont été placés dans l'escalier du Garde-Meuble à Paris. Envoyés au palais de Compiègne par les musées impériaux en 1808.

Termes de marbre
© (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / René-Gabriel Ojéda
Termes de marbre coloré de la salle des colonnes

Sculpture

Vases Murat de la Salle à Manger de l'Empereur

Copies d'après l'Antique, début du XIXe siècle

En avril 1809 arrivent à Compiègne deux vases de marbre blanc, copiés d’après l’antique, provenant de la collection Murat. Une lettre adressée à Vivant Denon, le 24 mars 1809, nous apprend que « […] S.M. a donné l’ordre de faire retirer de ce château [Villiers] les 3 groupes et 2 vases antiques […] et de les envoyer à Compiègne. » Ces vases et leurs piédestaux se trouvaient dans le château de Villiers, résidence du prince Murat nouvellement nommé roi de Naples. Villiers-la-Garenne était une grande maison bourgeoise, propriété de campagne des époux Murat qui en avaient fait l’acquisition en 1800. Les vases ne sont pas des antiques, mais des copies, de taille réduite, de récipients monumentaux de l’époque romaine impériale dénommés vase Lante et vase Warwick, tous deux découverts sur le site de la célèbre villa Hadriana à Tivoli. Le vase Lante, du nom de la famille qui le détenait, découvert plus anciennement, est connu depuis 1639 au palais Sforza. Il fit l’ornement des jardins de la villa Lante à Rome, qui deviendra ultérieurement la villa du prince Borghèse. Acquis en 1800 par le duc de Bedford, il est présenté de nos jours parmi les antiques de Woburn Abbey. Les fragments de ce qui devint ultérieurement le vase Warwick furent découverts en 1771 par le peintre écossais Gavin Hamilton (1730-1797), et furent vendus à Sir William Hamilton (1730-1803). Restauré par James Byres, le vase pèse 8,25 tonnes. Mentionné dans des notices à partir de 1800, il était particulièrement apprécié, et son renom fit qu’il aurait été la première chose dont Napoléon aurait souhaité se saisir s'il avait fait la conquête de l’Angleterre. Du reste aucune copie à l’échelle n’en fut autorisée avant 1813, date à laquelle un moulage est réalisé par William Theed the elder. Nos deux vases se trouvaient dans la collection Murat avant 1809 et sont de fidèles copies de taille réduite des deux vases antiques restaurés.   Collection Murat (château de Villiers), avant 1809. Entrés au palais de Compiègne en avril 1809.

Vase Murat, d'une paire, salle à manger de l'Empereur
© (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Thierry Le Mage
Vases Murat de la Salle à Manger de l'Empereur

Statuette

Homme, dit Néron ou Ménandre

Rome, 1766

Cette sculpture fait partie d'un ensemble de deux statuettes exécutées à Rome par Luc-François Breton pour Jacques-Laure le Tonnelier de Breteuil (1723-1785), ambassadeur de l’ordre de Malte auprès du Saint Siège. Ce personnage masculin est inspiré par un petit nombre de portraits d’hommes de lettres ou philosophes antiques, notamment de Poséidippos (comme l’exemplaire Vatican 735). Entrées au palais en 1856, la blancheur marmoréenne des deux statuettes fut relevée, en 1857, par l’adjonction de socles de porphyre (C.15708) dont un seul a subsisté. Inv. [1855] C.15390, C.38.1508, entré en 1856 pour le Salon de Musique, se trouve au Salon des Aides de Camp en 1869.

Luc Breton, Homme dit Ménandre, statuette en marbre blanc
© (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle
Homme, dit Néron ou Ménandre

Statuette

Femme dite Agrippine

Rome, 1766

Cette sculpture fait partie d'un ensemble de deux statuettes exécutées par Luc-François Breton à Rome pour Jacques-Laure le Tonnelier de Breteuil (1723-1785), ambassadeur de l’ordre de Malte auprès du Saint Siège. Ce personnage féminin reprend un antique alors célèbre dit représenter l’impératrice romaine Agripine, conservé de nos jours au musée du Capitole à Rome et qui inspira plusieurs artistes du XIXe siècle dont Antonio Canova. Ce dernier exécuta un portrait à l’antique de Laetitia Ramolino, mère de Napoléon Ier dite Mme Mère, en impératrice romaine dans une position similaire, assise sur le même type de siège. La galerie de bal du château de Compiègne en présente une copie due aux ateliers de Carrare. Entrées au palais en 1856, la blancheur marmoréenne des deux statuettes fut relevée, en 1857, par l’adjonction de socles de porphyre (C.15708) dont un seul a subsisté. Inv. [1855] C.15390, C.38.1509, entrée en 1856 pour le Salon de Musique, se trouve au Salon des Aides de Camp en 1869.  

Luc Breton, Femme dite Agrippine, statuette en marbre blanc
© (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle
Femme dite Agrippine

Statuette

Moïse

Probablement Rome, fin du XVIIIe siècle

Cette belle réduction en marbre blanc de la grande sculpture de Moïse exécutée par Michel-Ange, vers 1513-1515, pour le tombeau du pape Jules II à Saint-Pierre aux Liens à Rome est arrivée au palais impérial de Compiègne en 1808. Elle est venue orner le premier salon, dit Salon des noces, de l'appartement attribué au roi de Rome lors de sa naissance en 1811. L'oeuvre a été nettoyée en 2013 en prenant soin d'éliminer une peinture grise moderne appliquée sur la plinthe servant de socle à la statuette. Ce dégagement a permis de retrouver un marbre vert mettant en valeur la pierre blanche dans laquelle a été taillé le personnage. Inv. C.38.1505

Moïse, d'après Michel-Ange, statuette en marbre blanc
© (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Tony Querrec
Moïse

Objets d'art

Paire de grands flambeaux

Paris, Premier Empire

Cette paire de flambeaux est portée à l’inventaire du Palais impérial de Compiègne en 1809 pour la première fois de son histoire. Elle orne à partir de cette date le Grand cabinet de l’Empereur, c’est-à-dire le Salon du Conseil, jusqu’en 1855, date à laquelle elle est passée dans le Salon de réception de l’appartement de l’Empereur, actuel Salon de Famille.Depuis son entrée, sous le Premier Empire, la paire fit partie d’un ensemble de quatre flambeaux sortis en 1873 (feuille de sortie définitive du 15 octobre 1873) parmi une centaine de flambeaux envoyés à l’administration du Mobilier national. Le n° 48210, porté à l’encre, correspond sans doute à un numéro de gestion attribué par ce dernier. Don de la Société des Amis, elle a rejoint le Salon de Famille aux côtés la pendule Uranie (C.2017.005) autre don de la Société. Leur entrée vient heureusement conforter les efforts portés durant plusieurs années sur ce salon du Second Empire : restauration des rideaux de soie jaune d’origine, restauration du confident et de l’indiscret.Marques estampées : C129, C151 (sur la base) ; 46/149, 48210 sur le dessous (ce numéro ayant également été porté à l’encre au même emplacement et se trouvant en partie effacé).Don de la Société des amis du château, 2018.

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne)/ Stéphane Maréchalle
Paire de grands flambeaux

Objets d'art

Feu en deux parties

Premier Empire

Ce feu orné de sphinges reposant sur un socle à pattes de lions fait partie de l’ameublement de l’appartement du roi de Rome. Il remonte à 1808 (mémoire de Claude Galle en date du 3 septembre 1808). Il a été mis en place dès son arrivée dans la salle de bains de l’appartement de prince souverain, devenu celui du roi de Rome peu après la naissance de ce dernier en 1811. Il est resté à son emplacement dans cette même pièce de 1808 à 1896 et sort le 26 juin 1896 pour le Mobilier National qui l’envoie à Rambouillet en 1902. Dépôt du Mobilier National en 2020.

Feu en deux parties à décor de sphinges
© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Jean-Marc Anglès
Feu en deux parties

Céramique

Assiette du service à dessert « fleurs et or »

1809

Le service « fleurs et or » utilisé à Compiègne fait partie des grands services du Premier Empire. Commandé initialement pour Saint-Cloud en 1808, il comprenait 40 pièces de forme et 120 assiettes dont les principales étaient celles à bouquet central.Ce service, dont le modèle a pu être identifié à l'occasion de l'exposition 1810 : Napoléon Ier et Marie-Louise à Compiègne (mars - juillet 2010), a presque entièrement disparu : l'élégant sucrier de la collection Twinight, New York, est l'une des rares pièces connues de cet ensemble.Cette assiette a été acquise par le château de Compiègne en vente publique en 2010. C'est le premier élément de ce service qui revient à Compiègne.

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Thierry Le Mage
Assiette du service à dessert « fleurs et or »