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2018

Nouvelles acquisitions

Acquisitions en 2018

Les objets

Peinture

Madame Maurice Richard

1870, présenté au Salon de 1872

Ce tableau marque la rencontre de deux personnalités placées sous les feux de l’actualité en 1870. Fort du succès de la Dame au gant au Salon de 1869, Carolus-Duran était alors le nouveau portraitiste à la mode. Héritière du magasin de nouveautés « Au Gagne-Petit », Hélène Bouruet-Aubertot venait d’épouser l’avocat Maurice Richard, nommé ministre des Beaux-Arts en janvier 1870. Si la pose de la jeune femme est conventionnelle, sa toilette aux accords audacieux de bleu glacier, de rose et de noir est somptueusement rendue. Au second plan s’épanouissent librement des fleurs, dont la facture rappelle l’amitié qui liait Carolus-Duran à Manet et à Monet. L’influence de l’art espagnol et de la Nouvelle peinture naissante est sensible dans ce portrait qui témoigne de l’évolution du genre à la fin du Second Empire. Don de Mme Anne de Castries et M. François de Grandmaison, descendants du modèle, 2018 ; inv. C.2018.008.

Carolus-Duran, Mme Richard, détail
© Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle
Madame Maurice Richard

Objets d'art

Aiguière et son plateau

Paris, vers 1864

Cette aiguière et son plateau furent offerts au nom de Napoléon III à M. des Nouhes, propriétaire d’Inconnue, cheval qui remporta en 1864 l’épreuve de steeple-chase du concours régional de Napoléon-Vendée. L’ensemble nous est parvenu dans son écrin d’origine, dont la garniture est frappée des emblèmes impériaux (N couronné et grandes armes). Le type de pièce retenu pour cette récompense peut paraître étonnant. Il s’agit d’une aiguière destinée aux ablutions, comme l’indique une inscription en arabe gravée sur le plateau et qui évoque la purification des croyants. Ce choix pourrait toutefois faire écho à la provenance des chevaux de course, souvent des anglo-arabes ou des purs sangs arabes. Il évoque aussi et surtout le goût contemporain pour l’Orient. Le décor d’entrelacs qui orne le plateau est typique de l’intérêt qui se développa au milieu du XIXe siècle pour le vocabulaire ornemental des arts islamiques et son système de composition géométrique. Cette inspiration orientale et extrême-orientale fut l’une des orientations principales que l’orfèvre Henri Duponchel donna à ses créations après sa rupture avec son associé Jean-Valentin Morel à la fin de la Monarchie de Juillet. Inscr. sur l’aiguière : " Donné par l’Empereur MDCCCLXIV" ; sur le plateau, au centre "Courses de Napoléon-Vendée, donné par l’Empereur MDCCCLXIV", et sur le pourtour, en arabe : "Dieu Notre Dieu, ô serviteurs de Dieu, purifiez-vous et priez Dieu, car la purification et la prière rapprochent le serviteur de Dieu". Don de la Société des amis du château de Compiègne, 2018 ; inv. C.2019.002.

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne)/ Stéphane Maréchalle
Aiguière et son plateau

Objets d'art

Camée au profil de l'empereur Napoléon III

Paris, Second Empire

Ce camée de très belle qualité peut être attribué à Paul-Victor Lebas par comparaison avec deux camées représentant Napoléon III et le Prince impérial conservés au Metropolitan Museum à New York, dont le premier est identique à celui-ci et le second est signé. Il a été monté dans un cadre richement orné par la maison Froment-Meurice, l’un des orfèvres les plus réputés de Paris sous le Second Empire. L’iconographie de l’ensemble, notamment la présence des emblèmes impériaux, désigne cet objet comme un cadeau de prestige commandé par le souverain. Inscription FROMENT-MEURICE à l’arrière du cadre Don de la Société des amis du château de Compiègne, 2018 ; inv. C.2019.001.

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne)/ Tony Querrec
Camée au profil de l'empereur Napoléon III

Arts graphiques

Album de voitures hippomobiles Binder frères

Paris, vers 1878

Jean-Jacques Binder (1783-1846) est d’origine allemande. Il est arrivé à Paris au début du XIXe siècle où il s’installe comme carrossier. Il figure parmi les carrossiers parisiens les plus connus devenant le fournisseur officiel des équipages à la Daumont du futur Charles X. Ses fils deviennent à leur tour de célèbres carrossiers : Charles et Louis reprennent le fonds de commerce de leur père en 1847 et fondent Binder frères en 1848. Charles se retire en 1857 tandis que Louis reste seul à la tête de la société avec son frère Louis, associé depuis 1854. L’album acquis par le musée national de la Voiture avec l’aide de la Société des Amis, est signé Binder Frères – Maison Binder, 170 boulevard Haussmann à Paris où la société s’installe à partir de 1864. La raison sociale de l’entreprise évolue de Binder frères à Maison Binder en 1877. La première page mentionne comme il est d’usage, les différentes médailles et récompenses obtenues aux expositions universelles et internationales dont plusieurs sont datées de 1878. Le tampon « diplôme d’honneur à l’exposition universelle d’Anvers en 1888 », semble postérieur au catalogue. Celui-ci se compose de vingt-deux planches de véhicules hippomobiles d’une grande variété.  Le musée national de la Voiture conserve de nombreuses archives et catalogues de carrossiers hippomobiles (puis automobiles) notamment parisiens du XIXe siècle, tels que Kellner ou Belvalette. Les maisons Binder sont peu représentées, cette acquisition venant combler cette lacune avec pertinence. Don de la Société des Amis du Musée national de la voiture, 2018 ; inv. CMV.2018.001.

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne)/ Tony Querrec
Album de voitures hippomobiles Binder frères

Mobilier

Chaise de l'appartement topographique de l'Empereur

Paris, 1796-1803

Provenant du palais des Tuileries, cette chaise est livrée à Compiègne en 1808. D’un ensemble de trois et assortie de deux fauteuils, elle meublait le cabinet des bains de l’appartement que Napoléon se fit aménager au deuxième étage de sa nouvelle résidence. Sans doute la rapidité d’exécution de cet aménagement nécessita-t-elle de réemployer du mobilier disponible. Caractéristique de la période du Consulat, le modèle est identique à celui des chaises de la grande chambre à coucher de l’appartement double de prince. Le placage d’acajou, le dossier à crosse ajouré et les pieds avants en jarrets de lion témoignent du goût pour l’antique. Estampille, marques des châteaux des Tuileries et de Compiègne. Don de la Société des amis du château de Compiègne, 2018 ; inv. C.2018.001/1

Chaise de l'appartement topographique de l'empereur Napoléon Ier
© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne)/ Stéphane Maréchalle
Chaise de l'appartement topographique de l'Empereur

Objets d'art

Paire de grands flambeaux

Paris, Premier Empire

Cette paire de flambeaux est portée à l’inventaire du Palais impérial de Compiègne en 1809 pour la première fois de son histoire. Elle orne à partir de cette date le Grand cabinet de l’Empereur, c’est-à-dire le Salon du Conseil, jusqu’en 1855, date à laquelle elle est passée dans le Salon de réception de l’appartement de l’Empereur, actuel Salon de Famille.Depuis son entrée, sous le Premier Empire, la paire fit partie d’un ensemble de quatre flambeaux sortis en 1873 (feuille de sortie définitive du 15 octobre 1873) parmi une centaine de flambeaux envoyés à l’administration du Mobilier national. Le n° 48210, porté à l’encre, correspond sans doute à un numéro de gestion attribué par ce dernier. Don de la Société des Amis, elle a rejoint le Salon de Famille aux côtés la pendule Uranie (C.2017.005) autre don de la Société. Leur entrée vient heureusement conforter les efforts portés durant plusieurs années sur ce salon du Second Empire : restauration des rideaux de soie jaune d’origine, restauration du confident et de l’indiscret.Marques estampées : C129, C151 (sur la base) ; 46/149, 48210 sur le dessous (ce numéro ayant également été porté à l’encre au même emplacement et se trouvant en partie effacé).Don de la Société des amis du château, 2018.

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne)/ Stéphane Maréchalle
Paire de grands flambeaux

Arts graphiques

Compiègne. Vue perspective du Grand Vestibule, ou Salle des Gardes, du Château.

Entre 1786 et 1792

Dessinateur, aquarelliste, graveur amateur, Tavernier, élève de Jean-Baptiste Leprince, a réalisé de nombreux dessins ensuite gravés, notamment par Née et Duparc, pour le Voyage pittoresque de la France (1784-1792) de Benjamin de Laborde. Ainsi, 157 dessins originaux sont conservés à la Bibliothèque Nationale de France. Si Compiègne figure au tome V (1787) de l’ouvrage, cette vue de la Salle des colonnes n’y figure pas, ni dans l’ensemble de dessins originaux de la BNF. Parmi la soixantaine de gravures réalisées à partir de dessins de Tavernier acquise en 2008 par le musée d'art et d'archéologie Senlis, l’une d’elles représente, sur la même feuille, l’entrée et le vestibule du château de Compiègne (A.2008.1.213). Elle a été gravée à partir du dessin que nous présentons. La salle, quelque peu disproportionnée, est animée de petites figures : au centre, présentation au roi d’une dame lui faisant une révérence tandis qu’un groupe de gardes, dont deux Suisses tenant hallebardes, se voit sur la droite. Au fond, une grande cheminée surmontée d’un buste sculpté a disparu, un poële surmonté d’un moulage en plâtre les ayant remplacés durant le Premier Empire. Signé "Tavernier De Junquières", en bas à droite Don de la Société des Amis du château, 2018 ; inv. C.2018.007

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne)/ Stéphane Maréchalle
Compiègne. Vue perspective du Grand Vestibule, ou Salle des Gardes, du Château.

Arts graphiques

Scène de "Ma femme et mon parapluie", représentation donnée à Compiègne en novembre 1858

Compiègne, novembre 1858

Lors de leur séjour d’une semaine au palais de Compiègne, les invités se voyaient proposer diverses activités par le couple Napoléon III-Eugénie. Une représentation théâtrale était donnée par des comédiens parisiens un soir seulement, c’est pourquoi les invités eux-mêmes préparaient et exécutaient aussi charades, tableaux vivants ou petites pièces d’amateurs. Ce dessin du prince Napoléon, cousin de l’Empereur, a noté et nous a ainsi conservé le souvenir de l’une de ces prestations. Sur la petite scène aménagée au sein des appartements impériaux sont désignés le duc de Cadore, le baron de Talleyrand, M. de Saulcy et le comte de Riencourt. Don de la Société des amis du château de Compiègne ; inv. C.2018.002

Scène de "Ma femme et mon parapluie", représentation donnée à Compiègne en novembre 1858
© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle
Scène de "Ma femme et mon parapluie", représentation donnée à Compiègne en novembre 1858

Arts graphiques

Portrait de profil de Napoléon III

Second Empire

Sur cette photographie, Napoléon III apparaît « au naturel ». Le cliché surexposé n’a pas dû être retenu en vue de sa diffusion officielle et n’a donc pas été retouché pour gommer les effets de l’âge. À l’exception des monnaies et médailles, peu de portraits représentent le souverain de profil. Le plus connu est la photographie d’Adolphe Braun, au début du règne, où la chevelure et la barbe ont été reprises. En raison de la similitude des deux poses, ce cliché pourrait lui être attribué. Braun reçut, en 1855, le titre de « Photographe de l’Empereur » en même temps que la Légion d’Honneur. Outre ses qualités éminemment documentaires, cette image révèle l’intérêt du médium utilisé : le papier salé à tirage par noircissement direct, reconnaissable à ses teintes chaudes. L’épreuve obtenue est de dimensions particulièrement importantes. Acquis en 2018 ; inv. C.2018.009.

Portrait de profil de Napoléon III, photographie
© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle
Portrait de profil de Napoléon III

Arts graphiques

Napoléon III et le Prince impérial, Fontainebleau, 1864

Fontainebleau, 1864

Le fonds photographiques du château de Compiègne offre une abondante iconographie illustrant la vie de Napoléon III et de ses proches. Au nombre de ces documents compte cette vue stéréoscopique présentant l’Empereur et son fils. Ce document témoigne de l’affection du souverain pour son héritier et de l’atmosphère intime de la famille impériale. D’après une annotation portée au dos, cette photographie a été prise à Fontainebleau, par le capitaine Grillet, des pompiers de Paris, en 1864. L'abbé Misset a réuni cette vue stéréoscopique et une autre vue montrant le Prince impérial seul sur l'une des planches de sa collection. Cette planche a été acquise en 2018 sur le marché de l'art (inv. C.2018.009 pour cette vue).

Napoléon III et le Prince impérial, Fontainebleau, 1864
© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle
Napoléon III et le Prince impérial, Fontainebleau, 1864

Arts graphiques

Le Prince impérial, Fontainebleau, 1864

Fontainebleau, 1864

Le château de Compiègne conserve de très nombreuses photographies relatives au Second Empire avec une prédominance pour la famille impériale et son entourage. Cette vue stéréoscopique est rare et semble inédite. En tout cas, elle n’a pas été publiée. Le prince figure seul et pose de manière naturelle. Il arbore un costume semblable à celui avec lequel Carpeaux l’a immortalisé dans son célèbre groupe Le Prince impérial et le chien Néro. Le musée possède plusieurs versions de cette sculpture ainsi que des dessins de l’artiste relatifs à cette composition. Une mention manuscrite au verso précise que cette photographie a été prise à Fontainebleau, par le capitaine Grillet, des pompiers de Paris, en 1864. L'abbé Misset a réuni cette vue stéréoscopique et une autre vue représentant Napoléon III et le Prince impérial sur l'une des planches de sa collection. Cette planche a été achetée en 2018 sur le marché de l'art (inv. C.2018.010 pour cette vue).  

Le Prince impérial, Fontainebleau, 1864
© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle
Le Prince impérial, Fontainebleau, 1864