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2019

Nouvelles acquisitions

Acquisitions en 2019

Les objets

Arts graphiques

Album de photographies de la comtesse de Castiglione

Paris, 1866

Fille d’un aristocrate apparenté à Cavour, Virginia Oldoïni (1837-1899), comtesse de Castiglione, fut envoyée à Paris, en 1856, pour faciliter le rapprochement du Piémont à la France. Elle y fit sensation par sa beauté. « Vénus descendue de l’Olympe » selon la princesse de Metternich, elle noua une liaison avec Napoléon III. Les photographies de cet album ont été réunies par la Castiglione elle-même pour sa cousine la comtesse Walewska. Cette dernière, devenue sa rivale dans le cœur de l’empereur, ne reçut jamais ce cadeau. Cet album demeura inachevé. Des annotations autographes de la Castiglione donnent le titre de chacun de ses portraits ; elles sont reprises par Robert de Montesquiou qui acquit cet album en 1901 et le décrivit dans son ouvrage La Divine comtesse. Certaines photographies ont été délicatement retouchées, à la demande de la Castiglione, par le miniaturiste bavarois Aquilin Schad. D’autres sont serties d’une bordure ornementée. Les différentes mises en scène témoignent d’une appropriation de la photographie par le modèle afin de forger une œuvre esthétique à partir de son apparence. Dans un processus théâtral et narcissique, la « Divine Comtesse » engendre une image de soi à travers une multiplicité de figures. Paradoxalement, en figeant sa pose, elle incarne également un memento mori. Cette autofiction photographique et picturale révèle une œuvre moderne. La Castiglione a inauguré l’obsession contemporaine de la retouche d’image et de la course chimérique à l’éternelle jeunesse, par la tentative de fixer à jamais une beauté destinée fatalement à sombrer. S’ils sont nombreux, ses portraits n’ont été qu’exceptionnellement réunis en albums à l’attention d’un tiers. La personnalité de la Castiglione, le fait qu’elle constitua cet album pour la comtesse Walewska, autre figure emblématique du Second Empire, l’intérêt que lui porta Robert de Montesquiou, ont justifié l’entrée de ce document dans le fonds photographique du château de Compiègne. Acquis en 2019 ; inv. C.2019.008.

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne)/ Tony Querrec
Album de photographies de la comtesse de Castiglione

Objets d'art

Insigne de dame du Palais de la Maison de l’Impératrice

Paris, vers 1855

Lorsqu’elles assuraient le service d’honneur de l’impératrice Eugénie le soir ou dans les cérémonies officielles, les dames du Palais portaient à leur décolleté un insigne au chiffre IE couronné. L’usage en fut très vraisemblablement introduit au début de l’année 1855, au moment où leur nombre fut porté à douze. En effet, en avril 1855, la reine Victoria releva dans son journal la présence de ce bijou à l’épaule des jeunes femmes qui accompagnaient l’Impératrice en Angleterre, alors qu’il n’apparaît pas dans le célèbre tableau peint à la même époque par Winterhalter et représentant, assises autour d’Eugénie, la grande-maîtresse, la dame d’honneur et six des sept dames du Palais nommées en 1853. Ces insignes sont très rares, puisqu’il y eut entre 1855 et 1870 seulement quatorze dames du Palais. Celui-ci a appartenu à Charlotte Lavinie Lefebvre Desnouettes, baronne de Sancy de Parabère (1815 – 1887).Don de la Société des Amis du château de Compiègne, 2019.

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne)/ Stéphane Maréchalle
Insigne de dame du Palais de la Maison de l’Impératrice

Arts graphiques

Tableau final des Commentaires de César

1866

Philippe Régnier, marquis de Massa (1831-1901) comptait parmi les figures de la cour sous le Second Empire. L’Impératrice lui confiait régulièrement la composition d’amusements de société : proverbes dramatiques, charades. L’une de ses pièces les plus connues – Les Commentaires de César – fut jouée sur le théâtre démontable du château de Compiègne, le 26 novembre 1865. Le souvenir de cette représentation est dû à Eugène Lami, hôte familier des fêtes données par les souverains. L’artiste campe les interprètes amateurs lors du tableau final. Au centre, figure le Prince impérial. Une huile sur toile d’après cette aquarelle – considérée longtemps comme perdue – a été exécutée par Nicolas Vollier. Un dessin à la plume de Janet-Lange existe aussi. Cette évocation d’un divertissement privé organisé pour le couple impérial par leurs proches constitue un témoignage exceptionnel des Séries de Compiègne. Acquis par préemption en 2019 ; inv. C.2019.007.

Eugène Lami, Tableau final des Commentaires de César, vue avec passe-partout annoté
© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Tony Querrec
Tableau final des Commentaires de César

Arts graphiques

Album factice de cartons de tissus et de papiers peints

1850-1880

Élève de Lethière et de Lafon, Hippolyte Henry exposa régulièrement des paysages et des portraits au Salon de 1833 à 1866. Sa participation à l’exposition universelle de 1867 lui valut des médailles d’or et d’argent. Cette reconnaissance officielle se concrétisa par l’attribution de la Légion d’honneur en qualité « d’artiste pour dessins d’ameublement et de tissus à Paris ». Il figure parmi les fournisseurs réguliers de modèles pour les maisons Zuber, Braquenié et Riottot. L’œuvre de Henry se signale par sa composition et la mise en page des motifs mais aussi par l’usage de différentes techniques - aquarelle, gouache, pastels - souvent combinées. Il parvient ainsi à suggérer brillamment l’effet que produira le motif une fois tissé ou imprimé sur textile, papier-peint, tapis, etc. Ces modèles illustrent les différentes sources d’inspiration de la période : le néo-XVIIIe siècle et l’orientalisme. Acquis en 2019 ; inv. C.2019.004

Album Henry, projet de motif pour textile ou papier peint, F7.2
© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle
Album factice de cartons de tissus et de papiers peints

Arts graphiques

Album de la comtesse Sclafani

Cet album comprend vingt-deux feuillets sur lesquels sont collés des dessins, estampes et cartes postales du XIXe siècle. Ce carnet oblong couvert d’une reliure en basane comporte des fermoirs en laiton doré malheureusement lacunaires. Les contreplats et les gardes en tabis blanc confèrent élégance et distinction à ce recueil. Il compte, notamment, deux dessins au crayon, signés de Prosper Mérimée [1865] ; l’un représente le gendre de la comtesse Sclafani, cousine de l’impératrice Eugénie, propriétaire de cet album ; l’autre, une figure féminine non identifiée, sans doute même imaginée par l’auteur. Ce croquis d’une jeune et jolie femme se promenant sur la plage de Biarritz, villégiature de la famille impériale, illustre les excursions prisées par Eugénie de Montijo. Ce volume témoigne de l’intimité de Mérimée avec l’entourage de la famille impériale, notamment lors de ses séjours sur la côte basque. Don de la Société des amis du château de Compiègne, 2019 ; inv. C.2022.003.

Album Sclafani, portrait d'une jeune femme à Biarritz par Prosper Mérimée
© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Jean-Marc Anglès
Album de la comtesse Sclafani

Objets d'art

Pot à lait du service des Princes

Sèvres, 1846

Sous la monarchie de Juillet, Compiègne est doté, comme toutes les autres résidences royales, de quatre services de table, livrés par la Manufacture de Sèvres. Le service des Princes est destiné aux membres de la famille royale et aux différentes réceptions données dans le château. En porcelaine blanche, il est rehaussé de motifs dorés : placé sous le bec verseur, le chiffre du roi est surmonté d’une couronne royale, flanquée de deux branches de laurier et de chêne retenues par un ruban. A la différence des pièces de ce service livrées pour les autres résidences de la Couronne, le service destiné à Compiègne est le seul à présenter en sus un semis de fleurettes associé à une frise de myrte ici figuré dans la partie supérieure de la panse. Cet élégant pot à lait appartient à l’une des nombreuses livraisons de porcelaine recensées dans les archives en vue de réassortir un service régulièrement et largement utilisé. Entièrement dispersé ensuite, ce service est peu à peu reconstitué pour évoquer cette période importante de l’histoire du château.Don de la Société des Amis du château de Compiègne, 2019. 

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne)/ Stéphane Maréchalle
Pot à lait du service des Princes

Objets civils et domestiques

Plat à barbe

XIXe siècle (Premier ou Second Empire)

La gravure « Palais impérial de Compiègne » sur l’aile de ce petit bassin de forme ovale rattache indubitablement cet objet usuel à l’histoire matérielle de la résidence. Si sa fonction exacte, sans équivalent dans les collections, n’est pas connue, son échancrure le rapproche d’un plat à barbe qui aurait pu être utilisé par les officiers ou les habitants de la demeure. Au XIXe siècle, le palais est doté d’offices comportant tout type de matériels utiles à son fonctionnement. Ainsi une pharmacie est-elle attestée sous le Second Empire, dans laquelle ce petit plat aurait pu prendre place. Les biens étaient alors placés sous la responsabilité du régisseur du palais, dénommé concierge sous le Premier Empire, qui devait en fournir un inventaire annuel à la Maison de l’Empereur dont il dépendait. Avec ces modestes objets du quotidien généralement disparus, c’est le fonctionnement d’une résidence de ce type et les modes de vie dans l’entourage des souverains qui peuvent être progressivement reconstitués.Inscription gravée « Palais impérial de Compiègne » sur l'aile.Don de la Société des Amis du château de Compiègne, 2019.

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne)/ Stéphane Maréchalle
Plat à barbe