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Second Empire

Objets d'art et sculptures

      

Les objets

Céramique

Coupe de Pise

Sèvres, 1852 (façonnage) - 1857 (décor)

Cette coupe de Pise achetée en 2012 faisait partie d’un ensemble de cinq coupes de même forme envoyées au palais de Compiègne par la manufacture impériale de Sèvres en 1860 pour renouveler le surtout de table en usage pendant les séjours impériaux. Trente-quatre biscuits de Sèvres à sujets de vénerie dont les modèles dataient du XVIIIe siècle animaient le centre de table. Quant aux pièces de forme, il s’agissait de corbeilles, de coupes et de potiches. Cinq coupes monumentales de la forme « de Pise » formaient notamment l’un des points d’orgue de cette garniture, dont cette coupe « fond céladon, décors bleu et or ». Cet important ensemble de porcelaines, appartenant au « service spécial » du palais, fut dispersé lors d’une vente publique organisée au palais du Louvre du 18 au 23 décembre 1871. Seuls deux vases de Rimini sont revenus au château de Compiègne à une date ultérieure non connue et s'y trouvent encore. Le matériau utilisé pour le façonnage de cette coupe est la pâte céladon, pâte expérimentale rarement mise en œuvre par la manufacture de Sèvres. Elle est associée à un décor bleu de demi-grand feu à grands rinceaux stylisés, deux éléments témoignant également d’un goût nouveau dans la production de Sèvres au début du Second Empire. Un fond lilas et des rehauts de polychromie et d’or ajoutent encore au raffinement technique et esthétique de cet objet. La modernité de l'association entre céladon et demi-grand feu peut être considérée comme un avant-coureur de l’Art nouveau. Elle évoque avec éclat les expérimentations esthétiques audacieuses menées à Sèvres sous la Seconde République et le Second Empire. Sous le pied, marques Vn-52-8 gravé dans la pâte (marque du tourneur Nicolas Fischer, 1852) ; S. 52 en bleu sous couverte (fabrication) ; N couronné en rouge, millésime non lisible (marque de décor). Achat sur le marché de l'art parisien, 2012.

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© (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Adrien Didierjean
Coupe de Pise

Objets d'art

Service de verres (63 pièces)

Second Empire

Ces cristaux ont appartenu à la princesse Marie-Clotilde Napoléon, fille du prince Victor et de la princesse Clémentine de Belgique, dont la marraine était l’impératrice Eugénie qui, décédée en 1920, légua à sa filleule du mobilier et des objets qui se trouvaient à Farnborough. La princesse Marie-Clotilde qui habita avec l’impératrice durant la Première guerre mondiale tenait donc ainsi d’Eugénie elle-même des indications sur la provenance de cette partie de service qui aurait servi à la table de l’Empereur aux Tuileries. L’ensemble de 63 pièces se décompose ainsi : 4 carafes (2 à vin, 2 à eau), 18 verres à eau, 18 verres à vin rouge, 17 verres à vin blanc et 6 tasses à punch avec leurs soucoupes. L’ensemble des pièces, verres, carafes et tasses est orné de la seule couronne impériale, dorée et en relief.L’empereur Napoléon III s’adressait aux différentes cristalleries pour les besoins de la table dans ses résidences. Parmi les verres et carafes des collections de Compiègne, nous trouvons effectivement du cristal fabriqué par les manufactures de Clichy, Saint-Louis et Baccarat. Les archives du château permettent de se rendre compte qu’en dehors de ces trois manufactures, la Maison de l’Empereur pouvait aussi, à l’occasion, passer commande à une maison ayant une simple activité de revendeur, comme Gallé-Reinemer. Par ailleurs les formes sont souvent communes aux différentes cristalleries. La forme tulipe des carafes est répandue, on la retrouve par exemple dans le service Compiègne de la manufacture de Clichy.L’intérêt de cette acquisition tient à l’origine des pièces présentées et à l’absence dans les collections publiques de services de cristal complets. Elle permet d’évoquer encore mieux le faste de la table impériale au Second Empire resté dans le souvenir de tous les contemporains, qui s’en faisaient encore l’écho dans leurs mémoires publiés ou restés manuscrits. L’incendie des Tuileries, le pillage de Saint-Cloud, la mise en vente publique du linge, de la porcelaine et des cristaux des anciennes résidences impériales en 1873 n’ont laissé subsister en place qu’un nombre modeste d’œuvres de ce genre ou bien sont à l’origine de leur totale disparition. 

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Gérard Blot
Service de verres (63 pièces)

Arts de la table

Nécessaire à café de voyage de l'empereur Napoléon III

Second Empire

Ce nécessaire pour douze personnes est complet (vingt-neuf pièces) et en bon état, ce qui en renforce l'intérêt, tout comme l'originalité des formes des ustensiles le composant, et le coffret de chêne à renforts et poignées de laiton qui arbore les armes impériales. Une plaque porte la mention Maison de l'Empereur - Service des voyages. Coffret et nécessaire - exemple totalement absent des collections sous cette forme - et regroupement d'objets utilitaires donnent une idée précise des ensembles que la Maison de l'Empereur conservait pour les besoins ponctuels lors des voyages et déplacements, mais aussi des séjours dans l'une des résidences impériales. Les fameuses Séries de Compiègne notamment nécessitaient régulièrement des envois depuis la capitale. Le présent coffret illustre bien le conditionnement des objets liés aux arts de la table, qui devaient emprunter autant les voitures hippomobiles que le train et auraient pu servir lors des excursions de la Cour, comme celles organisées à Pierrefonds. La forme de gobelet donnée aux tasses du service à café du nécessaire est originale. Il en est de même pour la carafe de cristal, qui a conservé son bouchon, dont la forme carrée est rare. La cafetière en métal argenté est accompagnée de son réchaud, tous deux exécutés par la maison Christofle, fournisseur officiel de la cour impériale.

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© Photo RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Stéphane Maréchalle
Nécessaire à café de voyage de l'empereur Napoléon III