« La plus belle femme de son siècle ». Virginia Oldoini, comtesse de Castiglione (1837-1899)
Nouvel accrochage au Musée de l'Impératrice
A partir du 31 janvier 2025
10:00 - 12:00
Type(s) de publicIndividuel Tout public
La comtesse de Castiglione, une femme à la beauté incomparable et scandaleuse
Virginia Oldoini, comtesse de Castiglione (1837-1899) a laissé le souvenir d’une femme à la beauté incomparable et scandaleuse, dont le pouvoir de séduction infléchit la position de Napoléon III en faveur de l’indépendance de son pays, l’Italie. Son triomphe se manifesta lors d’une nuit passée avec l’Empereur à Compiègne en 1857, symbolisé par une chemise de nuit qu’elle garda toujours et dans laquelle elle souhaitait être enterrée. A la demande du ministre italien Cavour, elle parvint jusqu’à l’Empereur à la faveur de bals costumés, dans lesquels elle s’illustra par d’extravagantes robes et coiffures mettant en valeur sa splendide chevelure. Fière de ses conquêtes masculines et le faisant savoir avec tapage, elle offusqua l’impératrice Eugénie qui tolérait mal les liaisons amoureuses de son époux. « Le cœur est un peu bas… », aurait-elle raillé en désignant le costume de bal de l’indélicate comtesse en Dame des Cœurs, dont un cœur brodé au niveau du sexe signifiait son emprise sur l’Empereur.
Une égérie qui a traversé les époques
Tombée en disgrâce auprès de Napoléon III, la comtesse de Castiglione ne cessa d’attirer l’attention et le désir de ses nombreux amants en continuant d’élaborer son personnage au travers de photographies réalisées en studio sous sa direction par Pierre-Louis Pierson (1822-1913). Elle est considérée à ce titre comme ayant été la première à utiliser la performance artistique pour rendre visible sa beauté. Sublime, selon les critères du Second Empire, subversive et terrifiante dans sa déchéance, volontairement cloîtrée dans l’obscurité d’un appartement de la place Vendôme aux fenêtres et miroirs voilés, la Castiglione n’a cessé de fasciner les artistes jusqu’à nos jours.
Un accrochage temporaire de la salle d’art graphique du Musée de l’Impératrice à partir du 1er février 2025
Les collections du musée du Second Empire se rapportant à la comtesse de Castiglione proviennent essentiellement de deux admirateurs tardifs, qui contribuèrent à établir sa réputation de belle extravagante. Le comte Robert de Montesquiou (1855-1921) réunit d’innombrables objets ayant appartenu à celle qu’il désigna comme La Divine comtesse, dans un livre consacré à une Etude d’après Madame de Castiglione, sans jamais vouloir la rencontrer. Un portrait ovale ainsi qu’un album de photographies lui ayant appartenu, récemment entrés dans les collections du château de Compiègne, motivent notre accrochage temporaire. D’autres photographies complètent cet ensemble, dont celle de la comtesse de Castiglione encapuchonnée dans son costume d’Ermite de Passy, qui avait tant contrarié ceux qui espéraient la voir nue.
Une seconde collection attachée au Second Empire et à Compiègne est celle de Ferdinand Bac (1859-1952), installé dans la ville. Illustrateur et créateur de jardins, il s’était fait le chroniqueur d’un Second Empire connu enfant, étant le petit-fils illégitime du roi Jérôme Bonaparte. La statuette de la comtesse de Castiglione en Reine d’Etrurie, commandée au sculpteur Carrier-Belleuse (1824-1887) pour dissiper les soupçons d’indécence de sa tenue, provient de cette source, de même que les portraits de fantaisie qu’il produit dans les années 1930.
Enfin, les lettres enflammées et loyales adressées à « Nini » tant à l’époque de sa splendeur que de sa misère par le comte Emilien de Nieuwerkerke (1811-1892), mises en regard d’une de ses lettres à l’écriture endiablée, permettent de mesurer l’ascendant exercé sur les hommes par cette beauté impérieuse.