2014
Les objets
Mobilier
Secrétaire en armoire "aux enfants marins" du comte d'Artois
Paris, livré le 1er juin 1774 pour le Cabinet intérieur du comte d'Artois à Compiègne.
Ce secrétaire en armoire à abattant dissimulant sept tiroirs en partie supérieure et comprenant deux étagères dans la partie inférieure fermée à deux vantaux, présente une grande richesse de matériaux. Ornant les angles supérieurs, les deux figures d’enfants dont les corps se terminent en queue de dauphin sont particulièrement remarquables. Elles sont une réminiscence de l’art rocaille. Au contraire, les lignes droites du bâti, les différentes moulures et le décor géométrique de la marqueterie associé à celui des bronzes dorés appartiennent totalement au répertoire néoclassique. Œuvre de Roger van der Cruse dit Lacroix, ce meuble fut livré en 1774 pour le logement dévolu au frère cadet du roi Louis XVI à Compiègne. Le comte d’Artois (1757-1836), alors âgé de 17 ans, s’installe avec sa jeune épouse dans le nouveau pavillon construit par Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) à gauche de la cour d’honneur. En accord avec son écrin architectural néoclassique, ce meuble est emblématique des goûts artistiques du jeune prince. Demeurant une quinzaine d’années dans les appartements compiégnois du comte d’Artois, le meuble est vendu comme bien national à la Révolution. Passant dans différentes collections privées britanniques au siècle dernier, il réapparaît sur le marché de l’art londonien en 2012. Considéré comme « œuvre d’intérêt patrimonial majeur », ce secrétaire de provenance royale a pu être acquis par l’Etat et rejoindre les collections du château de Compiègne en 2014. Estampillé RVLC/JME
Arts graphiques
Vue du salon d'Apollon au palais des Tuileries
Napoléon III s'adressa régulièrement à Fortuné de Fournier pour représenter les intérieurs des résidences impériales. En 1857, il lui passa commande de quatorze vues des Tuileries, dont celle-ci, qui fut présentée avec six autres au Salon de la même année. Le salon d'Apollon était ainsi désigné en raison des grands tableaux de Mignard qui occupaient les extrémités. Il ouvrait d'un côté sur la salle du Trône et de l'autre sur la salle des Maréchaux. La famille impériale s'y réunissait. Il fut réaménagé à plusieurs reprises durant le règne. C'est donc un précieux témoignage de son état au début du régime, meublé d'une suite de consoles d'entre-fenêtres de style Empire et d'un ensemble de pliants et de gaines néo-Louis XIV, comme la console placée sous le Parnasse. Cette vue rejoint à Compiègne celles du Bureau de l'Empereur et du Salon du Conseil aux Tuileries, ainsi que six vues de l'appartement de l'impératrice à Saint-Cloud, du même artiste. Le Louvre conserve une Vue de la galerie des Ambassadeurs.Signé et daté en bas à droite : F. DE FOURNIER 1857Acquis en vente publique en 2014.
Sculpture
Triton et bacchante
Vers 1865-1870
À côté de ses créations originales, Carrier-Belleuse devint un maître dans l'art de produire des éditions extrêmement soignées. Pour limiter le nombre de coutures, le mouleur recourait au creux perdu, c'est-à-dire à un moule qui était détruit pour sortir la pièce. Il était nécessaire de disposer d'un chef-modèle pour refaire le moule à chaque fois. Ce groupe en est un rare exemple et correspond à la partie principale, dépourvue d'éléments saillants. Plusieurs épreuves en terre cuite sont connues. La qualité du modelé et des détails est remarquable. L'oeuvre est également importante pour illustrer la veine baroque du sculpteur, dont on connaît plutôt l'inspiration bellifontaine et XVIIIe siècle. Il y a en effet chez Carrier une inspiration berninienne, voire rubénienne, dans la magnifique Angélique du Salon de 1866. Il existe un pendant à cette oeuvre, Faune enlevant une nymphe ; ensemble, les deux modèles constituaient une paire sur le thème du rapt tout à fait dans la tradition baroque. Signé sur la terrasse CARRIER-BELLEUSE Achat en vente publique, 2014.
Vêtements et accessoires
Manteau d'automobiliste en fourrure
Fin du XIXe siècle - début du XXe siècle
Ce manteau, en assez bon état, resté dans une propriété familiale du Loiret, aurait appartenu à l'arrière-grand-père de la donatrice, M. Louis-Charles Lesguillon, né à Gien, le 11 octobre 1837, et décédé à Nevoy, près de Gien, le 13 décembre 1919. Ce don vient combler une lacune dans les collections du musée, qui ne possédait aucun exemplaire de ce type de manteau, familièrement qualifié de "peau de bique". Or, il s'agit d'une des pièces essentielles de la garde-robe des automobilistes de la première heure, que l'on portait pour se protéger des éléments (vent, froid, pluie, etc.). En effet, ce n'est que progressivement que les caisses fermées se sont imposées dans la carrosserie automobile, comme en témoigne la collection du musée, dont les automobiles antérieures à 1905 sont quasiment toutes ouvertes. Etiquette placée librement dans une poche intérieure portant en caractères imprimés BELLE JARDINIERE/ 2, Rue du Pont-Neuf, et au centre, à l'encre rouge, l'inscription manuscrite 5?/3092 Don de Claudie Laforgue, Créteil, effectué au nom de la famille Lesguillon, 2014
Arts graphiques
Projet d'arrière-train de carrosse
Ce projet d'arrière-train de carrosse, probablement d'origine italienne, pourrait représenter une voiture destinée au roi Louis XIV ou à l'un de ses ambassadeurs en Italie. L'allégorie se réfère vraisemblablement à la révocation de l'édit de Nantes (1685), dont on connaît d'autres représentations allégoriques présentant des éléments analogues, comme la figure de l'hérésie et du livre rejeté. Il complète un ensemble iconographique également caractérisé par l'utilisation de figures sculptées à échelle humaine : un dessin de carrosse princier du début du XVIIIe siècle, de moindre qualité, et des estampes du XVIIe siècle, issues de deux suites gravées représentant des voitures conçues par Ciro Ferri pour les entrées solennelles du cardinal Rinaldo d'Este et de l'ambassadeur anglais Lord Palmer, comte de Castelmaine. Autant de témoignages de l'importance de la sculpture dans le décor des voitures d'apparat du XVIIe siècle, qui tendra au siècle suivant à diminuer au profit du décor peint.Inscription à la plume et à l'encre brune, en haut au milieu : Maiesté/ terrassant L'eresie auesque Prudence et Valeur/ rend sa Gloire Eternelle ; en bas au milieu : M. fran°. Maluille fran° ; en bas à droite : Una carrozza del Re di francia ; plusieurs lettres identifiant les figures incorporées dans le décor : G, M, E, V, L, P