2015
Les objets
Cycle
Draisienne d'enfant
Inventée par le baron allemand Karl Drais en 1816, la draisienne est considérée comme le premier deux roues à propulsion humaine. Cet exemplaire, dont la hauteur est réglable à la taille de son utilisateur, est destiné à un enfant ou à un adolescent. Ornée d'un décor peint rouge rehaussé de filets de deux tons, elle présente une forme légèrement cintrée et un "escargot" décoratif à l'avant.Collection Claude Reynaud. Acquis en 2015.
Cycle
Vélocipède à roue libre
Le vélocipède est né de l'ajout, attribué à Pierre Michaux au début des années 1860, d'un pédalier sur la roue avant de la draisienne. Ce cycle n'a alors cessé d'être perfectionné au cours de la décennie. L'application d'un système de roue libre figure parmi ces améliorations notables, bien qu'il ne se généralise qu'au début du XXe siècle. Le système, dont l'origine date de 1765, est ici fixé à l'extérieur du moyeu de la roue avant et est muni d'un cliquet équipé d'une lame de ressort. Le mécanisme, quoique bruyant, permettait d'éviter de pédaler quand le vélocipède était lancé ou en descente et de laisser ses pieds immobiles sur les pédales. Suriray dépose le brevet d'application de la roue libre au vélocipède en 1869. Ce modèle très sobre est donc précurseur. Il s'agit du seul cycle ainsi équipé conservé au musée.Collection Claude Reynaud. Acquis en 2015.
Cycle
Tricycle vélocipède d'enfant
Si les vélocimanes ou tricycles à tête de cheval actionnés par les mains sont assez répandus auprès des enfants des classes aisées, les tricycles vélocipèdes, jugés moins ludiques, le sont dans une moindre mesure. Les fabricants de tricycles vélocipèdes sont peu nombreux. On sait que Benon en produisit et en proposa dans ses publicités. Il s'agit donc d'un jouet de luxe, à la structure délicate : le ressort vertical soutenant la selle en forme de S ou la courbure dite en escargot de la partie avant apportent à ce cycle, peint en rouge avec rehauts de blanc, une grande élégance.Collection Claude Reynaud. Acquis en 2015.
Cycle
Vélocipède à roulement à billes
J.-P. Suriray, dont l'entreprise était située 13, rue du Château d'Eau à Paris, est connu pour ses nombreuses innovations techniques. Parmi elles, figure l'application au cycle du roulement à billes, dont il dépose le brevet le 2 août 1869. Ce procédé fait du vélocipède Suriray un véritable engin pour la course. Le coureur cycliste James Moore le choisit d'ailleurs pour la course Paris-Rouen qu'il remporte avec brio, ce qui assure à ce système une grande renommée. Ce cycle synthétise en effet de nombreuses innovations mises en oeuvre dans les années 1860 : roues en acier (Eugène Meyer), roulement à billes, bandages en caoutchouc, légèreté du cadre. Les collections du musée se sont ainsi enrichies d'une oeuvre représentative des évolutions techniques les plus notables, réalisée par un fabricant incontournable de l'histoire du cycle, mais dont les productions sont peu conservées.Collection Claude Reynaud. Acquis en 2015.
Cycle
Vélocipède de course
Fondée en 1867, la Compagnie parisienne de vélocipèdes fut parmi les premières à vendre des cycles en série et la seul à faire apparaître un vélocipède de course à son catalogue. Cet exemplaire présente toutes les caractéristiques d'un cycle de compétition : légèreté, frein mouflé, roues métalliques dont les rayons sont montés en tension, bandages en caoutchouc (modernes). Les pédales comprennent un gland incluant un graisseur. Les courses de vélocipèdes mettaient en concurrence, outre les sportifs, plusieurs entreprises qui, comme la Compagnie parisienne ou Suriray, testaient et promouvaient les innovations alors mises en oeuvre. Le musée possède un autre vélocipède de la Compagnie parisienne, mais d'apparat, orné d'un riche décor estampé. Ce vélocipède, dont un seul autre exemplaire est connu, montre que dès les années 1860, la gamme produite était fort variée.Collection Claude Reynaud. Acquis en 2015.
Cycle
Star Bicycle
Le Star Bicycle est mis au point en 1880 par G.W. Pressey et est fabriqué par la H.B. Smith Machine Company située à Smithville dans le New Jersey. Ce modèle présente une petite roue à l'avant et une grande roue à l'arrière et s'inscrit dans la recherche de vitesse qu'illustrent les Grands-Bis dans les années 1880. Les publicités qui font la promotion du Star Bicycle, vantent en outre sa stabilité. Plusieurs types de Star Bicycles ont été commercialisés. Celui acquis par le musée figure dans le haut de la gamme car il est équipé de trois types de pédalage : alternatif avec les deux jambes, parallèle avec les deux jambes ou en utilisant qu'une seule jambe. Le Star Bicycle permet d'illustrer, aux côtés des fabricants de cycles français, britanniques et belges, la production américaine dans les collections du musée.Collection Claude Reynaud. Acquis en 2015.
Peinture
Portrait de madame Isaac Péreire
Fanny Péreire (1825-1910) était la fille d'Emile et la nièce d'Isaac qu'elle épousa, grâce à une dérogation exceptionnelle, en 1840. Au milieu des années 1860, la réussite des deux frères dans l'industrie et la banque avait été aussi rapide que spectaculaire. Ils constituèrent une de ces dynasties d'affaire du Second Empire qui se perpétuèrent jusqu'à la Première Guerre mondiale, même si leurs revers s'enchaînèrent à partir de 1865. Attachés à une vie familiale éloignée des agitations mondaines, les Péreire n'en tenaient pas moins leur rang. Cabanel fut leur portraitiste régulier. Mme Péreire est représentée en grande toilette de soie blanche, rehaussée par un châle à rayures "Bayadère" bleu ciel et jaune doublé de moire rose. Les jeux de rappels chromatiques entre les différents éléments de la toilette sont d'un très grand raffinement. Le portrait est imposant, mais les bijoux sont discrets, traduisant la puissance de ces grands bourgeois.Signé et daté au centre à droite : Alex Cabanel/ 1859Achat par préemption de l'Etat grâce à la Société des Amis du château de Compiègne, 2015.
Arts graphiques
Projet de plafond à la gloire de la monarchie espagnole
1865
Ce dessin illustre les ambitions de Lami dans le domaine du grand décor. Après avoir décoré les petits appartements du duc d'Aumale à Chantilly, il devient le directeur des travaux de James de Rothschild et de sa famille. On ne lui connaît pas d'autres chantiers décoratifs, d'où l'intérêt particulier de cette esquisse, en plus de ses dimensions exceptionnelles. Le style "fin XVIIe siècle", très versaillais, correspond au goût de Lami en matière de décors. Le dessin offre deux propositions de traitement de la corniche, autant pour les figures que pour la tonalité générale. Les emblèmes et blasons sont identifiables et relatifs à Charles Quint et à ses possessions hors d'Espagne. Il est difficile de comprendre la signification de ce dessin faute d'en connaître la destination. Il faut peut-être voir un lien entre ce projet et la visite en France, en août 1864, du roi Don François de Bourbon, consort d'Isabelle II d'Espagne. Lami reçut-il à cette occasion une commande du roi, pourquoi pas pour l'hôtel de Clermont où se trouvait alors l'ambassade d'Espagne ? Signé et daté en bas à droite EUG. LAM. 1865 Acquis sur le marché de l'art en 2015.
Arts de la table
Nécessaire à café de voyage de l'empereur Napoléon III
Ce nécessaire pour douze personnes est complet (vingt-neuf pièces) et en bon état, ce qui en renforce l'intérêt, tout comme l'originalité des formes des ustensiles le composant, et le coffret de chêne à renforts et poignées de laiton qui arbore les armes impériales. Une plaque porte la mention Maison de l'Empereur - Service des voyages. Coffret et nécessaire - exemple totalement absent des collections sous cette forme - et regroupement d'objets utilitaires donnent une idée précise des ensembles que la Maison de l'Empereur conservait pour les besoins ponctuels lors des voyages et déplacements, mais aussi des séjours dans l'une des résidences impériales. Les fameuses Séries de Compiègne notamment nécessitaient régulièrement des envois depuis la capitale. Le présent coffret illustre bien le conditionnement des objets liés aux arts de la table, qui devaient emprunter autant les voitures hippomobiles que le train et auraient pu servir lors des excursions de la Cour, comme celles organisées à Pierrefonds. La forme de gobelet donnée aux tasses du service à café du nécessaire est originale. Il en est de même pour la carafe de cristal, qui a conservé son bouchon, dont la forme carrée est rare. La cafetière en métal argenté est accompagnée de son réchaud, tous deux exécutés par la maison Christofle, fournisseur officiel de la cour impériale.