Peintures
Musées du Second Empire
Les objets
Peinture
Les Moissons dans la vallée de la Glaris en Suisse
Œuvre présentée au Salon de 1867
Cette vue de Suisse fut acquise par Napoléon III au Salon de 1867. Le peintre, lui-même d'origine suisse, appartenait à la génération romantique. Les vues de son pays natal lui valurent ses plus grands succès. Cette scène pittoresque, qui se situe dans le canton de Glaris, au coeur de la Suisse alémanique, montre des paysans chargeant leurs moissons sur une longue embarcation à voile. Cette vision charmante, baignée d'une lumière dorée, évoquait sans doute à Napoléon III sa jeunesse à Arenenberg en Suisse, sur les bords du lac de Constance. Peut-être avait-il d'ailleurs eu l'occasion de traverser la vallée de la Glaris qui se trouve à une petite centaine de kilomètres du château de la reine Hortense. Le tableau demeura dans le domaine privé de l'Empereur après son acquisition sur les crédits de la Liste civile. Il fut restitué en 1880 à l'impératrice Eugénie, qui l'offrit probablement à Franceschini Pietri, fidèle entre les fidèles de la famille impériale. Signé en bas à droite KARL GIRARDET Acquis en vente publique en 2011 grâce à la Société des Amis du château de Compiègne.
Peinture
Berger ; hauts plateaux de la Kabylie
1861, Salon de 1861
Cette toile de Fromentin, qui figura avec éclat au Salon de 1861 (n°1186), fut acquise par l'impératrice Eugénie pour la somme de 5.000 francs. Le Berger fut placé dans le salon des officiers de service à Saint-Cloud, comme l’atteste une aquarelle de Fortuné de Fournier datée 1863 et conservée à Compiègne. Il figura ensuite dans l’hôtel particulier de l’Impératrice, qui le prêta pour l'Exposition universelle de Londres en 1862, puis pour celle de Paris en 1867, et la suivit en exil en Angleterre. Cédé en 1927 lors des ventes après décès des biens de l’Impératrice (vente du 1er juillet 1927, n°45), le tableau n'était connu avant son entrée dans les collections du château de Compiène que par une répétition de format inférieur (Philadelphia Museum of Art). Cette oeuvre compte parmi les réussites majeures de Fromentin, considéré comme le maître de l'orientalisme sous le Second Empire. Elle figure à ce titre parmi les achats les plus remarquables de l'Impératrice. En outre, La Tribu nomade en voyage ou Arabes en voyage (Sahara), première et seule autre œuvre de Fromentin possédée par le couple impérial, aujourd’hui non localisée, était accrochée à Compiègne sous le Second Empire. Signé et daté en bas à gauche Eugène Fromentin 61 Acquis en 2010 avec la participation de la Société des Amis du château de Compiègne.
Peinture
L'Histoire du Théâtre depuis son origine, esquisse pour le décor du plafond du Théâtre de Cour du Palais de Compiègne
1869
Sous le Second Empire, on utilisait encore à Compiègne le théâtre de cour édifié en 1832 par Louis-Philippe. La construction d’une nouvelle salle de spectacles fut arrêtée en 1866 et Delaunay reçut la commande du plafond. Il exécuta les travaux préparatoires, mais la guerre de 1870 interrompit l'achèvement de l'édifice, dont la décoration ne fut jamais mise en place. Le thème retenu pour la composition est l’histoire du Théâtre. La Musique est symbolisée par Apollon qui s’apprête à monter Pégase conduit par l’Harmonie, la Mélodie lui tendant sa lyre. Prométhée accompagne la Tragédie antique qui s’appuie sur un masque, tandis que des enfants déroulent un rouleau sur lequel sont inscrits les noms des auteurs anciens. La Muse de Shakespeare, Hamlet à ses pieds, symbolise le Drame moderne. La Comédie force un satyre à se regarder dans le miroir que lui tend la Vérité qui couronne le nom de Molière. La Danse est représentée par la Danse guerrière, la Bacchanale et la Pastorale. Le musée possède de ce plafond deux esquisses. Celle-ci est sans doute celle qui fut présentée pour approbation à Napoléon III. Signé et daté sur le pourtour Elie Delaunay 1869 Don de la Société des Amis du château de Compiègne, 2013.
Peinture
Jésus guérit un muet possédé du démon
1866
Ce dessin sur panneau de Gustave Doré était destiné à l'illustration de la monumentale édition de La Sainte Bible, par Mamme, en 1866. Il a été acquis en même temps que trois autres panneaux représentant Les murs de Jericho renversés, Etrangers dévorés par les lions dans la Samarie, et Saül veut percer David de sa lance. Doré s'est approprié la technique de la gravure sur bois debout et plus particulièrement une variante de celle-ci, la gravure de teinte, qui permet d'obtenir des effets picturaux en jouant sur les aplats et les nuances. En dessinant directement à l'encre de Chine et à la gouache sur la planche, et non en faisant reporter son dessin, Doré a renouvelé cette technique au prix toutefois de la disparition des dessins qui sont détruits en même temps que le bois est gravé. Heureusement quelques uns ont été sauvés, probablement parce qu'ils étaient trop picturaux pour être taillés directement. Ce sont en effet des compositions légèrement différentes, ou plus exactement simplifiées, de ces quatre dessins, qui figurent dans La Sainte Bible.