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Acquisitions en 2024

Les objets

Deux études préparatoires aux décors des tympans de la galerie de bal

Joseph Ferdinand Lancrenon (1794-1874), Deux études préparatoires aux décors des tympans de la galerie de bal (Danse des Grâces présidée par Apollon ; Danse des Nymphes présidée par le dieu Pan), vers 1814, fusain et estompe sur papier, H. 38,7 cm, L. 54 cm et H. 37,8cm, L. 54cm, don de la Société des Amis du château de Compiègne C.2024.004/1 et 2 Créée par l’architecte Louis Martin Berthault (1770-1823) à partir de 1809, la galerie de Bal ne verra son décor achevé que sous la Restauration. Inédites, ces deux études préparent les compositions finales des deux tympans représentant deux scènes de danses antiques : Danse des Nymphes présidée par le dieu Pan et Danse des Grâces au son de la lyre d’Apollon. L’organisation de chacune en trois panneaux distincts reprenant le cintre de la voute, l’environnement paysager succinctement figuré, le nombre et le positionnement des personnages correspondent aux décors conservés in situ. Des annotations chiffrées renvoient à deux légendes qui précisent les partis de couleurs et de technique tandis qu’hachurage et estompe permettent de créer des effets de profondeur et de suggérer les valeurs. Réalisées sous la direction de Girodet, ces feuilles doivent être mise à l’actif de son meilleur élève présent sur le chantier de Compiègne et éclairent sur le processus créatif d’un des principaux ateliers de cette période.

© © GrandPalaisRmn (Domaine de Compiègne) / Gabriel De Carvalho
Deux études préparatoires aux décors des tympans de la galerie de bal

Vingt-quatre pièces du service des Princes

Manufacture de porcelaine de Sèvres, vingt-quatre pièces du service des Princes, Époque Premier Empire, Restauration et Monarchie de Juillet, marques en creux des tourneurs, marques des doreurs, marques de la manufacture sur couverte imprimées en bleu, marques de résidence en rouge « chateau / de / Compiegne », porcelaine dure, legs de M. Alain Roger-Ravily et don de M. Philippe Commenge, C.2024.001/1 à 23 et C.2025.3.1 Associant platerie et pièces de forme, cet ensemble, patiemment rassemblé par le collectionneur et mécène Alain Roger-Ravily, permet de reconstituer un des services les plus appréciés des tables impériales et royales de la première moitié du XIXe siècle. Créé sous le Premier Empire, le service des Grands Officiers se caractérise par un décor de frise de myrte et de fleurettes dorés placées en semis sur un fond blanc. Le chiffre du souverain est placé sous une couronne fermée et entouré de branches de laurier et de chêne. Le service continue d’être utilisé par les régimes suivants qui font remplacer le chiffre central. Plusieurs pièces sont le témoin de cette continuité d’usage et des réassorts successifs : chiffre N gratté encore perceptible sur un plat rond ; assiette avec une marque de 1808 au revers et le chiffre de Louis XVIII sur sa face. Renommé sous la monarchie de Juillet, le service originel est rassemblé à Compiègne tandis que les autres résidences royales sont pourvues de nouvelles pièces au décor renouvelé.

© © GrandPalaisRmn (Domaine de Compiègne) / Adrien Didierjean
Vingt-quatre pièces du service des Princes

Jean-Louis Hamon (1821-1874), La Cantharide esclave

Jean-Louis Hamon (1821-1874), La Cantharide esclave, huile sur papier marouflé sur toile, Salon de 1857, H. 40 cm, L. 47 cm, préemption en vente publique, C.2024.002 La Cantharide esclave de Jean-Louis Hamon a fait son apparition au Salon de 1857, suscitant la surprise des critiques de l’époque en raison de l’étonnant motif de coléoptère retenu par la patte, observé par une jeune fille. Nul n’y décela l’allusion morale du musellement des pulsions : l’insecte au corps iridescent était depuis l’Antiquité réduit en poudre pour préparer un aphrodisiaque, une pratique encore courante au XIXe siècle.  Le motif naturaliste de la cantharide en captivité dans une niche, sommée par un masque grimaçant d’homme, est à rapprocher de l’insecte attaché sous l’autel de Ma Sœur n’y est pas. Cette autre peinture d’Hamon, succès du Salon de 1853 acquis par l’impératrice Eugénie, est entrée dans les collections du château de Compiègne en 2022.  La composition en frise, l’inspiration antique et le coloris tendre inscrivent les deux œuvres dans le style néo-grec adopté par Jean-Louis Hamon aux côtés de Jean-Léon Gérôme et d’autres élèves de Charles Gleyre et Paul Delaroche dans les années 1850.

© (C) GrandPalaisRmn (Domaine de Compiègne) / Gabriel de Carvalho
Jean-Louis Hamon (1821-1874), La Cantharide esclave