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Naissance et évolution de l'automobile

   

Les objets

véhicule

Automobile à vapeur la Mancelle

Le Mans (France), 1878

La Mancelle est non seulement la plus ancienne automobile du musée, mais aussi l'un des plus anciens véhicules à moteur de l'histoire de l'automobile française, après le célèbre fardier de Cugnot du 18e siècle et l'Obéissante, la première création d'Amédée Bollée père, de 1873. C'est en quatre mois seulement qu'Amédée Bollée père, un fondeur de cloches installé au Mans, conçut et réalisa la Mancelle, afin de la présenter à l'Exposition universelle de Paris de 1878, où elle obtient une médaille d'argent. Elle fut ensuite présentée en Autriche en 1879 et en Allemagne en 1880. Elle préfigure les automobiles « modernes », avec son moteur placé à l'avant, ses roues arrière motrices et sa suspension à roues avant indépendantes. Le choix d'une carrosserie conçue sur le modèle des victorias hippomobiles avait pour but de faciliter l'accès des passagers. Avec une vitesse d'environ 40 km/h, c'était aussi une voiture rapide. Elle fut construite en plusieurs exemplaires, ce qui fait aussi d'elle l’une des premières automobiles produites en série! La Mancelle s'inscrit dans un ensemble de quatre automobiles de la famille Bollée, qui montre le passage de la propulsion à vapeur au moteur à combustion interne. En témoigne la diligence à vapeur du marquis de Broc, dernière automobile construite par Amédée Bollée père avant que ses fils, Amédée et Léon, ne prennent la relève, construisant tous deux des automobiles à essence. Le musée conserve ainsi un vis à vis dû à Amédée Bollée fils et un tricycle Léon Bollée, tous deux datés de 1896. Don de Madame Amédée Bollée, Le Mans, 1927.

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Jean-Pierre Lagiewski
Automobile à vapeur la Mancelle

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Phaéton automobile

Paris (France), juin 1891

Ce phaéton, doté d'un moteur placé à l'arrière, est la deuxième automobile construite en juin 1891 par les pionniers de la voiture à essence Panhard et Levassor, basés avenue d'Ivry à Paris. Anciens condisciples de l'Ecole Centrale, les ingénieurs René Panhard et Emile Levassor s'étaient associés à l'entreprise Périn qui fabriquait des machines à bois et des scies à ruban, puis, à partir de 1875, des moteurs à gaz, sous les brevets de la firme Otto & Langen. En 1886, à la mort de Jean-Louis Périn, ils formèrent la Société Panhard et Levassor, produisant des moteurs à essence sous licence Daimler. C’est un moteur à quatre temps et à deux cylindres en V, breveté par Gottlieb Daimler en juin 1889, qui sera utilisé pour la propulsion automobile. En 1890 - la même année que Peugeot qui équipa un quadricycle d'un moteur fabriqué par Panhard & Levassor - ces derniers mirent au point leur premier prototype d'automobile. L'année suivante, Emile Levassor fit avec ce deuxième prototype un essai routier réussi entre Paris et Etretat, les 31 juillet et 1er août 1891, parcourant les 225 km du trajet à une vitesse moyenne de 10 km/h, avec des pointes à 17 km/h ! Le musée conserve également la septième voiture construite par Panhard & Levassor, en septembre 1891, carrossée en tilbury, dont le moteur est cette fois placé à l'avant. Entre le 30 octobre et le 4 décembre 1891, Panhard & Levassor livreront six automobiles à des clients français. Celle-ci fut vendue en novembre 1891 à un certain M. Bedel, de Trouville, pour la somme de 3404 francs, avant d’être reprise en avril 1892 pour la somme de 4750 francs et immédiatement revendue au prix de 5000 francs! Elle a connu d’importantes transformations au cours de sa période d’usage, probablement autour de 1895. Ainsi possédait-elle initialement une carrosserie de type dog cart, caractérisée par deux sièges dos-à-dos, dont on a supprimé le siège arrière. Panhard et Levassor connurent une célébrité considérable grâce à leurs succès dans les toutes premières épreuves automobiles du monde, comme le Paris-Rouen de 1894 ou le Paris-Bordeaux et retour de 1895. Panhard & Levassor représentait 10 % de la production automobile française en 1900. Il fut aussi le premier constructeur national par le chiffre d'affaires jusqu’en 1906, grâce à la production de voitures puissantes, les plus coûteuses. Cependant, l'entreprise, qui ne croyait pas à la « petite voiture légère », sera par la suite supplantée par des concurrents tels que Renault. Don de Mme Mouter, Paris, 1931

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© Musées et domaine nationaux de Compiègne/ Marc Poirier
Phaéton automobile

véhicule

Voiturette automobile type A

Billancourt, France, 1899

Cette voiturette Renault de type A, carrossée en tilbury, fut construite durant la première année de l'entreprise Renault frères, fondée en octobre 1898 et publiée en février 1899. Elle est caractérisée par un petit capot rond qui abrite un moteur monocylindrique de Dion-Bouton portant le numéro de fabrication 22. Celui-ci, d'une puissance d'1 CV ¾, pouvait atteindre la vitesse de 45 km/h. Cette voiturette dispose aussi d'une boîte de vitesses résolument innovante, à trois vitesses à prise directe et une marche arrière, permettant de remplacer les courroies ou chaînes qui constituaient alors la transmission classique. Elle fut conçue par Louis Renault lui-même, à l'âge de 21 ans. Quatrième garçon d'une fratrie de six enfants dont le père était un industriel du textile, ce passionné de mécanique assembla le premier prototype de notre voiturette au cours de l'été 1898, dans un appentis de la propriété familiale de Billancourt. Il fit au volant de ce prototype une sortie publique restée célèbre, la même année, venu retrouver une douzaine d'amis à Montmartre au soir du réveillon de noël, ce qui lui valut ses premières commandes. Donnée par la Société anonyme des Usines Renault et par Louis Renault, cette automobile est la plus ancienne des trois voiturettes Renault de la collection du musée, les autres étant un coupé de type C de 1900 et une voiturette de type D de 1901. En 1899, 71 automobiles de type A furent produites, la production de l'année suivante s'élevant à 179 véhicules - de types A, B et C -, puis à un total de 347 voitures pour l’année 1901. Ainsi, l'ensemble conservé au musée constitue un exceptionnel témoignage des débuts de cette grande marque française, qui domina le marché de la voiture moyenne jusqu’en 1914. Elle acquit une première notoriété grâce à ses voiturettes, qui remportèrent de nombreux succès en course. En effet, les catégories des voitures légères, auxquelles appartenaient les voiturettes, répondaient le mieux à l'élargissement de la demande. La gamme de ce constructeur fut par la suite étendue à des modèles de plus grosse cylindrée, comme la limousine de type V de 1906, également conservée au musée.   Don de la Société anonyme des Usines Renault et de M. Louis Renault, 1929.

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Jean-Pierre Lagiewski
Voiturette automobile type A

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Limousine

France, modèle 1905, modifié en 1907

Cette limousine de marque De Dion-Bouton, qui était utilisée comme voiture de service par la direction de l'entreprise, est un modèle de 1905, modifié en 1907. Équipée d'un moteur de 15 CV à quatre cylindres en ligne, avec allumage par magnéto, elle pouvait rouler à environ 80 km/h, une vitesse alors tout à fait considérable. Au début de l'aventure automobile, de telles voitures de maître étaient proposées à la vente sous la forme d'un châssis moteur qui était ensuite « habillé » par le carrossier choisi par le client. Celle-ci est carrossée en coupé 3/4, une forme directement empruntée à la carrosserie hippomobile. Les limousines, qui servaient aussi bien de luxueuses voitures de ville que de puissantes routières, furent particulièrement en vogue dans la première décennie du 20e siècle. L'entreprise de Dion-Bouton, qui était l'un des plus importants constructeurs automobiles mondiaux autour de 1900, joua un rôle de pionnier dans l'histoire de l'automobile, contribuant à la faire passer de la production artisanale en nombre limité à la grande série industrielle. Le musée conserve un ensemble de six automobiles de marque de Dion-Bouton, depuis l'ère de la vapeur, avec un dog cart de 1890 environ, jusqu'à cette limousine. La présence de cet important ensemble dans les collections du musée est largement due à la générosité du marquis de Dion, qui fut l'un de ses grands donateurs. Don du marquis de Dion, Paris,1935.

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© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Jean-Pierre Lagiewski
Limousine

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Double coupé limousine, type CC

1911

Cette voiture est représentative de la période de transition des années 1880-1914 quand hippomobiles et automobiles cohabitaient. Le double coupé est particulièrement apprécié dans les années 1910. Carrossé par Kellner, ce véhicule associe deux berlines coupées enrichies d’un œil de bœuf à l’arrière du compartiment chauffeur. L’intérieur est aussi garni à la manière des voitures hippomobiles. La structure repose sur un châssis Renault et est équipée d’un moteur à quatre cylindres en deux blocs. Son premier propriétaire, Georges Guillet, dirigeait une importante entreprise auxerroise de construction de machines-outils. La plaque d’immatriculation indique sa localisation dans l’Yonne et qu’elle est antérieure à 1928. Cette voiture qui n’a connu que trois propriétaires, présente un état d’authenticité remarquable et rare pour les automobiles de cette période. Achat en 2017 ; inv. CMV.2017.003.  

Double coupé limousine, type CC, Renault, carrosserie Kellner
© RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) / Tony Querrec
Double coupé limousine, type CC